Léon, Clément, Louis, Truffert naît le 21 mai 1901 à Vaudreville (Manche – 50), fils de Jean Truffert, forgeron, et de Marie Mahier.
Pendant un temps, il travaille comme domestique agricole.
Le 9 avril 1921, il est incorporé comme soldat de 2e classe au 136e régiment d’Infanterie afin d’accomplir son service militaire. Le 31 mars 1923, il passe au 171e R.I., unité affectée à l’occupation de la Ruhr (Pays Rhénans), où il reste deux mois. Le 29 mai, il est renvoyé dans ses foyers, titulaire d’un certificat de bonne conduite, et se retire à Tourlaville, quelques kilomètres à l’est de Cherbourg (50)
Ouvrier à l’Arsenal de Cherbourg, il demeure au village Saint-Jean, à Tourlaville.
Le 8 août 1925, à Tourlaville, il se marie avec Geneviève Lefèvre, née le 27 février 1902 à Sainte-Geneviève (50), et domiciliée au 15, rue Louis-Philippe, à Cherbourg. Ils auront une fille, Léone, Marie, née le 22 juin 1926.
Au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au hameau de l’Église, à Tourlaville.
Léon Truffert est alors patron de chaloupe à l’Arsenal de Cherbourg.
C’est un militant actif du Parti communiste dont il diffuse la presse avant la guerre. Il est trésorier de la cellule de Tourlaville.
Selon la police, il reste en contact avec des militants clandestins après l’interdiction du PCF : Pierre Rouxel, étudiant à la Faculté de Médecine de Caen, et Auguste Daniel.
Lors de la mobilisation générale du début septembre 1939, Léon Truffert est classé dans l’affectation spéciale au titre des constructions navales du port de Cherbourg. Le 10 mars, il en est rayé par mesure disciplinaire et affecté au dépôt d’Infanterie n° 32, à Rouen. Il arrive au corps le 18 mars et part aux armées le 26 mai. Le 31 juillet 1940, il est démobilisé par le centre du canton de Marmande (Lot-et-Garonne) et se retire à Tourlaville.
Sous l’Occupation, il est employé à l’Atelier des réparations, Service des bassins de l’Arsenal. Sa fille est élève à l’École pratique de Cherbourg.
À la mi-juillet 1941, Léon Truffert est repéré par la police alors qu’il participe à une réunion dans un débit de boissons, place Gambetta à Tourlaville, en compagnie de Pierre Rouxel, Auguste Daniel, Juliette Defrance et de deux autres individus, non identifiés. Quelques jours plus tard, à la fin du mois, des tracts communistes sont trouvés à l’Arsenal. Léon Truffert est « fortement soupçonné de les avoir jetés ou distribués ».