Photographiée à Auschwitz-I, le 3 février 1943. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.
Lina Kuhn (parfois orthographié “Kuhne”) naît le le 8 janvier 1896, au n° 3, Grünbenstrasse, à Sainte-Marie-aux-Mines (alors dénommée Markirch) dans le Haut-Rhin (en Alsace occupée et annexée par l’Empire allemand depuis 1871), fille de Karl ou Raoul Kuhn et de Wilfelmina (?) Graff, son épouse, de religion luthérienne (?). Il est très probable qu’elle parle allemand… Elle a un frère, Albert Kuhn, né le 25 mai 1899.
En 1936, elle habite – seule – dans un immeuble au 46 rue du Colisée à Paris 8e.
Elle est alors employée de commerce au 248 rue de Rivoli, entre les rues de Mondovi et Cambon, dans une boutique (?) sous les arcades faisant face au Jeu de Paume du Jardin des Tuileries.
Perspective sur la rue de Rivoli dans les années 1930-1940. Carte postale non datée. Collection Mémoire Vive.
Gros plan recadré de la photographie précédente : sous les arcades, l’entrée de la boutique se trouve derrière la deuxième automobile stationnant le long du trottoir.
Selon Charlotte Delbo, Lina Kuhn est arrêtée (« par la Gestapo ») en février ou mars 1942, « en même temps » que Roger Mirande, du réseau Johnny , comme les sœurs Alizon, de Rennes, mais celles-ci ne la connaissent pas.
Elle habite alors à Paris avec son ami, Roger Mirande, du réseau Johnny, son ami (?), qui se trouve à son domicile. Cependant, celui-ci est arrêté le 1er avril 1942.
Selon Charlotte Delbo, elle est arrêtée par la “Gestapo” en février ou mars 1942, « en même temps » que Roger Mirande. Cependant, celui-ci est arrêté le 1er avril 1942 à son domicile (une “planque” ?), au 46 rue du Colisée à Paris 8e.
Entre le 14 et 19 février 1942, à partir d’un plan de surveillance et d’infiltration monté par l’antenne de l’ Abwehr [1] du district militaire d’Angers, les Allemands – probablement la Geheime Feldpolizei (GFP) [2] – arrêtent la plupart des membres du réseau ; pratiquement anéanti, celui-ci cesse d’exister en juillet suivant.
Lina Kuhn est écrouée – certainement en “détention allemande”, en cellule individuelle et au secret, comme les sœurs Alizon – à la Maison d’arrêt de La Santé (Paris 14e), puis dans dans le secteur allemand du quartier pour femmes de l’établissement pénitentiaire de Fresnes (Seine / Val-de-Marne).
Le 19 novembre 1942, elle est transférée au camp allemand du Fort de Romainville, situé sur la commune des Lilas (Seine / Seine-Saint-Denis), premier élément d’infrastructure du Frontstalag 122, avec les sœurs Alizon, Marguerite Chavaroc et Toussainte Oppici ; elle-même y étant enregistrée sous le matricule n° 1190 et assignée dans la salle 106.