Louis ALLAIRE

Matricule 45164
decede
Photographie de Louis ALLAIRE
Louis Allaire à Auschwitz le 8 juillet 1942 — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/06/allaire-louis-jerome/
Convoi 45000

Louis, Jérôme, Allaire naît le 31 juillet 1913 à la maternité de l’hôpital Tenon à Paris 20e, fils de Jérôme, Louis, Marie, Allaire, 33 ans, employé, et de Joséphine Pringent, 27 ans, son épouse, domiciliés dans un petit immeuble au 6, rue Masson, aux Lilas (Seine / Seine-Saint-Denis). Breton natif de Quintin (Côtes-du-Nord / Côtes-d’Armor – 22), , son père est venu s’installer en banlieue parisienne en mai 1906, déménageant trois fois au cours de cette année de Montreuil-sous-Bois, à Romainville, et à L’Haÿ-les-Roses, puis à Antony et Bagnolet .

De la classe 1899, âgé de 36 ans, Jérôme Allaire est rappelé lors de la Première Guerre mondiale. Le 3 août 1914, il est mobilisé comme 2e canonnier conducteur au 10e régiment d’artillerie. Le 22 janvier 1916, il passe au 57e RA, intégré à l’Armée d’Orient. Le 11 mai 1917, à l’hôpital temporaire n° 2 Princesse Marie à Salonique, il succombe à un accès de fièvre bilieuse contractée « en service commandé ».

Le 19 décembre 1919, Louis Allaire, 6 ans, est adopté par la Nation par Jugement du tribunal civil de Lannion (22).

À une date restant à préciser, sa mère se remariera avec Monsieur Le Maitre.

Au moment de son arrestation, Louis Allaire est domicilié au 57, rue Raspail à Levallois-Perret [1] (Seine / Hauts-de-Seine – 92).

Louis Allaire est ouvrier à l’usine Astra d’Asnières [1] (92), 14 rue Pierre-Curie.

À la suite du décret de mobilisation générale du 2 septembre 1939, il semble qu’il soit rappelé à la 31e compagnie de passage, 505e RCA (Vannes ?).

Le 14 décembre 1940, il est arrêté une première fois par les services du commissariat de police de la circonscription de Levallois pour distribution de tracts communistes : il en a expédié quatre à un couple de Plouhérin (22) pliés dans le journal Paris-Soir . La perquisition effectuée à son domicile amène la découverte de 23 autres tracts. Au cours de son interrogatoire – peut-être dans les locaux de la BS1 à la préfecture de police -, il reconnaît les faits et met en cause François Dallet, qui les recevait lui-même de Camille Salagnac. Les deux hommes sont conduits au dépôt de la préfecture de police.

Le 19 décembre, le Procureur général ouvre une information contre eux pour infraction au décret du 26 septembre 1939. Ils sont écroués à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e).

Le 3 mars 1941, la 12e chambre du Tribunal correctionnel de la Seine les condamne simultanément à une peine de prison (huit mois pour Dallet). Louis Allaire y reste (à la Santé ? à vérifier…) jusqu’au 1er mai 1941.

Le 28 avril 1942, il est arrêté à son domicile lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine – avec le concours de la police française – et visant majoritairement des militants du Parti communiste. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Louis Allaire est enregistré sous le matricule 4124 et affecté au bâtiment C1 (ancien “camp des Juifs”).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler)