Louis BEDET

Matricule 45220
decede
Photographie de Louis BEDET
Louis Bédet, grève de 1936 à l’usine de Bussy — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/11/bedet-louis-georges-roger/
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Louis, Georges, Roger, Bedet naît le 19 juin 1895 à Bettaincourt-sur-Rognon (Haute-Marne – 52), fils de Lucien Bedet, 30 ans, manouvrier, et de Louise Leneveux, son épouse, 35 ans, lingère, domiciliés rue du Four. Louis a une sœur aînée, Lucienne, de quatre ans plus âgée.

De la classe 1915, il est mobilisé sur le front au cours de la guerre 1914-1918.

Le 31 juillet 1920 à Doulaincourt (52), Louis Bedet se marie avec Juliette Marie Duchange, née Dorget le 28 janvier 1896 dans ce village et “reconnue” quelques jours avant leur union. Ils auront deux fils : André, né en 1921 à Doulaincourt, et Jean, né en 1924 à Mussey-sur-Marne (52). En 1921, le couple habite rue Rousset à Doulaincourt : l’épouse de Louis est déclarée comme « Jeanne », probablement pour se distinguer de sa sœur, Juliette Célénie, née le 20 juin 1900.

En 1931, la famille est domiciliée dans les Cités de Vecqueville (52). Louis Bedet est alors ajusteur à l’usine métallurgique Ferry-Capitain de Bussy, lieu dit de la commune. Ils partagent une adresse avec Juliette Célénie Duchange, sœur de « Jeanne » Juliette, le mari de celle-ci, Ernest Leneveux, tourneur à l’usine, et leur fils Maurice, né en 1925 à Thonnance-lès-Joinville (52). En 1936, André (15 ans), fils de Louis Bedet, est devenu ajusteur à l’usine comme son père.

Au moment de son arrestation, Louis Bedet est domicilié route de Bussy à Vecqueville. Il est toujours ouvrier à l’usine métallurgique, comme le sont alors Georges Collin, Edmond Gentil, Bernard Hacquin et Louis Thiéry.

Vecqueville près de Joinville. L’usine de Bussy dans un méandre de la Marne. Carte postale éditée après guerre. Coll. Mémoire Vive.

Le 22 juin 1941, Louis Bedet est arrêté, parmi une soixantaine de militants communistes et syndicalistes interpellés en quelques jours dans la Haute-Marne [1] (dont 15 futurs “45000”). Il est interrogé à la Kommandantur de Joinville. D’abord détenu à la prison de Chaumont, il est transféré le 27 juin au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, désigné pendant un temps comme le “camp des communistes”. À l’arrière plan à gauche, sur l’autre rive de l’Oise, l’usine de Venette qui fut la cible de plusieurs bombardements avec “dégâts collatéraux” sur le camp. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Dans ce camp, il participe au creusement du tunnel par lequel s’évadent dix-neuf internés [2].

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.