Louis, Marius, Boccard naît le 18 octobre 1907 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) ; fils d’Isidore Boccard, verrier, et d’Anne Desvignes. Ses parents viennent habiter à Boulogne-Billancourt [1] (Seine / Hauts-de-Seine). Il a une sœur, Denise, née en 1906 à Chalon.
Le 11 août 1914, leur père est mobilisé au 56e régiment d’infanterie. Le 1er octobre suivant, au bois d’Ailly (Meuse), il est grièvement blessé par trois balles le touchant à la main droite, au bras droit et au bras gauche. Le 24 janvier 1916, il reçoit la Médaille militaire, et la Croix de guerre avec palme le 14 février suivant. Le 10 septembre, il est admis par le décret à une pension de retraite à titre de blessure, avec invalidité permanente de 80 %, et se retire au 8 rue R. Bureau à Paris (11e ?).
En 1921, le père et ses deux enfants habitent au 13 rue de l’Église à Boulogne-Billancourt [1] (Seine / Hauts-de-Seine), la mère n’étant pas présente (supposée décédée). Cette année-là, Isidore, infirme de guerre, est déclaré sans profession.
En 1926, Louis Boccard est tourneur sur métaux, comme sa sœur Denise, semble-t-il ; leur père est désigné comme « gardien ».
Le 14 janvier 1928 à Boulogne, Louis Boccard se marie avec Marthe Godfrin, née née le 24 mai 1907 à Sedan (Ardennes), cartonnière. Ils ont un fils, Jacques, né le 1er mai 1927 à Paris (?).
En 1931, son père, Isodore Boccard, habite toujours au 13 rue de l’Église à Boulogne.
En 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, Louis Boccard habite au 82, rue Thiers à Boulogne-Billancourt. L’année de ce recensement, il est tourneur aux Établissements Camaud, à Boulogne (où son épouse est mécanicienne ?).
Du 22 février 1937 au 24 novembre 1938, puis du 5 décembre suivant au 22 décembre 1939, Louis Boccard est tourneur sur métaux aux usines Renault de Billancourt.
Boulogne-Billancourt, place Jules-Guesde, entrée des usines Renault. Carte poste. Collection Mémoire Vive.
Selon la police, à partir de 1936, il est membre du Parti communiste au sein de la section de Boulogne-Billancourt de la région Paris-Ouest. Son épouse partage ses convictions.
Le 22 décembre 1939, Louis Boccard est arrêté par les services du commissariat de police de la circonscription de Boulogne-Billancourt pour diffusion clandestine Le 22 décembre 1939, Louis Boccard est arrêté par les services du commissariat de police de la circonscription de Boulogne-Billancourt pour diffusion clandestine « sur son lieu de travail » d’exemplaires ronéotypés de L’Humanité . S’appuyant sur les Archives de la justice militaire au Blanc, Jean-Pierre Besse ( dictionnaire DBMOF Maitron ) mentionne une distribution à la sortie des usines dans laquelle est également impliquée Juliette Moyen-Zalnikow, « épouse d’un collègue alors mobilisé », Raymond Moyen. Interrogé, Louis Boccard reconnaît avoir reçu, deux mois et demi plus tôt, trois numéros de L’Humanité , qui lui ont été adressés par la poste sans mention d’expéditeur, et dont il a fait lire le premier numéro à un nommé Laurent. Interrogée Juliette Moyen « ne se rappelle pas d’avoir envoyé à Boccart de tracts, ni se souvenir d’où provenait ce numéro : on a dû le glisser dans sa poche, mais [elle] ignore qui . » Louis Boccard et Juliette Moyen sont conduits au dépôt de la préfecture de police.
Le 26 décembre, Louis Boccard est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e).