Louis FERNEX

Matricule 45537
decede
Photographie de Louis FERNEX
Louis Fernex le 8 juillet 1942 à Auschwitz — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/02/fernex-louis-eugene-henri/
Convoi 45000

Louis, Eugène, Henri, Fernex naît le 16 mai 1906 au 16, rue de Reuilly à Paris 12e, chez ses parents, Henri (Claude ?) Fernex, 23 ans, lithographe, et Blanche Dégory, 23 ans, culottière, son épouse. En janvier 1910, ils habitent au 86, avenue des Lilas, au Pré-Saint-Gervais (Seine / Seine-Saint-Denis).

Son père est rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale du 1er août 1914. D’abord affecté différentes sections de commis et ouvriers militaires d’administration (C.O.A.), il passe dans divers régiments à partir du 20 septembre 1915. Le 13 octobre suivant, à Tahure, il est légèrement blessé au cuir chevelu. Le 8 mai 1911, dans le secteur de Douaumont, il est fait prisonnier. Le 27 décembre 1919, il est rapatrié. Le 1er mars 1919, il est mis en congé illimité de démobilisation. La famille se retrouve à Tinchebray (Orne). En août suivant, ils sont au 165, rue de Charenton, à Paris 12e.

Le 4 juillet 1922, la cour d’appel de Paris prononce par jugement le divorce de ses parents.

Le 23 décembre 1922, à Tinchebray, sa mère, 40 ans, se remarie avec Alphonse René Leguidecoq, 30 ans, mécanicien. Louis a 16 ans.

En 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, Louis Fernex est domicilié avec sa mère et son beau-père au lieu-dit La Folie à Fresnes/Frênes [1] (Orne), dont le bourg est à 4,5 km au nord-est de Tinchebray, et où il est métallurgiste (polisseur), peut-être à l’usine de quincaillerie Mermier, installée près de la gare.

Secrétaire du Syndicat des Métaux de Tinchebray, Louis Fernex est communiste et reste actif dans la clandestinité.

Selon un document administratif rempli après-guerre – qui le dit « sans famille » – après s’être « évadé à la suite d’une perquisition », il est « repris début 1942 à son domicile lors de son arrivée pour un court séjour passager ».

Le 18 octobre 1941, comme Léon Leriche, de Tinchebray, et Eugène Garnier, de Flers, il est arrêté par les polices française et allemande dans le cadre d’une rafle qui touche le département, et interné dès le jour suivant au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Le camp militaire de Royallieu en 1956. Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : le « camp des communistes ». En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Compiègne, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.