Louis, Georges, Henri, Girard, dit “Gigi”, naît le 23 mai 1904 à Aix-les-Bains (Savoie), fils de Joseph Girard, sommelier, et de Jeanne Guiguiet, lingère (tous deux seront décédés au moment de son arrestation).
En 1924, du recrutement de Chambéry, il est incorporé avec le deuxième contingent de sa classe (matricule n° 923) afin d’accomplir son service militaire.
À partir de l’été 1927, Louis Girard, est domicilié dans un petit pavillon au 50 rue Jules-Guesde à Malakoff [1] (Seine / Hauts-de-Seine). Ouvrier horticulteur, il travaille à la maison Fiaux, route stratégique à Malakoff.
En 1929, il est adhérent au Syndicat unitaire agricole et horticole de Paris-Seine (siégeant au 8 avenue Mathurin-Moreau, Paris 19e ?) ; le 25 février 1930, il en sera secrétaire. D’autre part, il est membre du 5e rayon de la région parisienne du Parti communiste. Il assiste régulièrement à toutes les réunions et manifestations des deux organisations.
Le 15 ou 16 juillet 1929, Louis Girard est arrêté au moment où il colle sur la devanture d’un café de la rue de Bagneux à Montrouge des papillons communistes portant : « Formez vos groupes de défense ouvrière ! Manifestez le 1er août », en même temps que deux militantes montrougiennes distribuant des tracts, et conduit au commissariat de police de la circonscription de Montrouge. Trouvé porteur d’un questionnaire de la CGTU et d’une circulaire de la 20e Union régionale, il est relaxé sans suite après vérification d’identité.
Le 10 mars 1931, la direction de la Sûreté nationale demande au préfet de police de lui adresser tous renseignements sur le compte de Louis Girard, signalé comme ayant été délégué par la CGTU pour organiser des réunions de propagande en Eure-et-Loir.
Les 2 et 3 juillet suivant, au congrès de son syndicat, celui-ci est élu secrétaire du bureau fédéral. Le 15 novembre suivant, à l’issue du congrès national confédéral de la CGTU, il est élu membre de la commission exécutive de la section de l’Agriculture.
Le 10 octobre 1931 à Bagnolet, Louis Girard se marie avec Charlotte Carmen Cary, née le 8 avril 1903 à Reims (Marne), femme de ménage domiciliée à Bagnolet, militante des Jeunesses communistes de France (compagne pendant un temps d’Albert Léonce Joseph). Ils auront deux enfants : Paulette, née le 17 septembre 1935, et Claude, né le 4 mars 1939, tous deux à Paris 14e.
En novembre 1931, Louis Girard est déclaré comme jardinier à la ville d’Ivry-sur-Seine (Seine / Val-de-Marne).
À partir de janvier 1932, Louis Girard est jardinier communal à la ville de Malakoff (il travaille également un petit bout de terrain qu’il possède à la Cité-jardin). Secrétaire du centre intersyndical de Malakoff, c’est un militant « bien connu des travailleurs (…) pour son activité inlassable, pour son ardeur dans l’organisation de la lutte pour l’amélioration du sort des ouvriers. »
Charlotte, son épouse, est ouvrière dans une usine de Malakoff et syndiquée à la CGTU.
Le 14 avril 1932, le préfet d’Eure-et-Loir écrit au préfet de police pour lui signaler que Louis Girard vient de lui adresser une déclaration de candidature pour le Bloc ouvrier et paysan aux élections législatives dans la 2e circonscription de Chartres (il a été désigné par le bureau politique du PC). À l’issue des scrutins des 1er et 8 mai, il n’est pas élu.