Louis LAHAIE

Matricule 45714
decede
Photographie de Louis LAHAIE
Louis Lahaie © »La Résistance en Seine et Marne ». — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/01/lahaie-louis-dieudonne/
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Louis, Dieudonné, Lahaie naît le 20 septembre 1900 à Corbeny (Aisne – 02), chez ses parents, Alfred Lahaie, 25 ans, cultivateur, et Julie Menesson, son épouse, 23 ans, manouvrière. Les deux témoins pour l’enregistrement du nouveau-né à l’état civil sont son oncle, Léon Lahaie, 34 ans, manœuvrier, et un voisin cultivateur.

Pendant un temps, Louis Lahaie travaille comme charretier.

Le 17 mars 1920, il est incorporé comme chasseur de 2e classe au 18e bataillon de chasseurs à pied pour accomplir son service militaire. Le 1er octobre, il est embarqué à Bordeaux à destination du Maroc. Le 20 octobre, il passe au 1er régiment de zouaves. Le 16 février 1921, il est nommé caporal. Le 20 mars, il est rapatrié et débarqué à Marseille. Le 1er avril, il est envoyé parmi les troupes d’occupation des pays rhénans. Le 17 mai, il passe au 66e régiment de tirailleurs marocains. Le 19 février 1922, il est envoyé dans la disponibilité, titulaire d’un certificat de bonne conduite.

Pendant un temps, il demeure au 18, quai Lavenne (?), à Melun (Seine-et-Marne – 77). Fin octobre 1922, il déclare habiter à Montaigu, près de Laon (02). En octobre 1924, il est domicilié à Longueville (77). En mars 1925, il est à Chanteloup-en-Brie (77). À partir de janvier 1926, il habite dans la commune voisine, à Jossigny ( 77).

Au moment de son arrestation, il est domicilié rue de Lagny à Jossigny.

Louis Lahaie est « chauffeur » (de camion ou de chaudière ?).

Le dimanche 19 octobre 1941, il est appréhendé à son domicile dans le cadre d’une vague d’arrestations décidée par l’occupant contre des communistes de Seine-et-Marne, pris comme otages en représailles de distributions de tracts et de destructions de récolte – incendies de meules et de hangars – ayant eu lieu dans le département.

Louis Lahaie est rapidement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ), parmi 86 Seine-et-Marnais arrêtés en octobre (46 d’entre eux seront des “45000”). Il y est immatriculé sous le n° 1812.

La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, désigné pendant un temps comme le “camp des communistes”. À l’arrière plan à gauche, sur l’autre rive de l’Oise, l’usine de Venette qui fut la cible de plusieurs bombardements avec “dégâts collatéraux” sur le camp. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.