Louis MOREL

Matricule 45896
survivant
Photographie de Louis MOREL
Louis Morel © SHD Caen — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/02/morel-louis-henri/
Convoi 45000

© Ministère de la Défense, direction des patrimoines de la mémoire et des archives (DPMA), Caen.

Louis, Joseph, Morel naît le 12 avril 1902 à Besançon (Doubs), chez ses parents, Charles Séraphin Morel, 24 ans, jardinier, et Jeanne, Augustine Convert, 21 ans, son épouse, domiciliés chemin de la Vaite. Louis est leur premier enfant. Le 20 août 1904 naît sa sœur Hélène Jeanne. En 1906, ils habitent au Perron (peut-être une autre dénomination pour le même lieu…) ; Charles Morel est alors ouvrier d’usine à la soierie (les soieries des Prés-de-Vaux, établies sur le bord du Doubs ?). Le 12 août 1907 naît Églantine Eugénie, le 15 octobre 1909 naît Eugène Victor. En 1911, la famille est domiciliée à la Vaite (n° 9) ; Charles Morel est alors employé comme “journalier” à la Compagnie des tramways.

Le 1er août 1914, son père est rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale. Le 9 octobre suivant, il est affecté au 42e régiment d’infanterie territoriale. Le 8 avril 1916, sur le plateau au sud de Nouvion ou Noviant, le soldat de 2e classe a le crâne fracturé par un éclat d’obus. Il succombe à l’ambulance n° 7 du 1er corps d’armée, à Berny-Rivière (Aisne).

Le 22 janvier 1919, selon un jugement du tribunal civil de Besançon, les quatre enfants Morel – dont Louis – sont adoptés par la Nation (“pupilles”).

Au printemps 1921, Besançon, la famille habite au 5, chemin de la Vaite : Jeanne Morel, veuve, est journalière chez Chevalme, rue de la Pernotte, son fils Louis est manœuvre aux Économiques Bisontins (entreprise alimentaire), sa fille Hélène est bonnetière chez Druhen, usine textile rue de la Liberté.

Le 9 septembre 1925, à Salins-les-Bains (Jura – 39), Louis Morel se marie avec Renée Alice (ou Alixe) Cornu, née le 23 mai 1907 dans cette ville. Ils ont une fille, Jeannine, Mathilde, Charlotte, née le 2 février 1926 à Salins.

Au moment l’arrestation de Louis, ils sont domiciliés au 31, rue d’Olivet à Salins, à l’angle de la rue Gambetta. Renée y a repris le café-restaurant de ses parents (lequel n’existe plus en 2021, remplacé par un groupe d’immeubles modernes) ; Louis est chauffeur d’auto.

Salins-les-Bains. Le café-restaurant à l’angle de la rue d’Olivet, à gauche, et de l’avenue Gambetta, à droite. En surplomb à l’arrière plan, le fort Belin. Carte postale des années 1900, collection Mémoire Vive.

En 1938, lors de la crise des Sudètes s’achevant avec les accords de Munich, Louis Morel est brièvement mobilisé. Un professeur de mathématiques de Salins, alors rappelé avec lui, pourra témoigner de « ses sentiments anti-hitlériens ».

Inscrit au Parti communiste avant-guerre, Louis Morel n’y aurait plus d’activité repérable à partir de l’occupation.

Après l’invasion allemande, la ligne de démarcation passe sur la commune d’Arbois, à 12 km au sud-ouest. Louis Morel devient “passeur”. Les personnes souhaitant passer de la zone occupée en “zone libre” – peut-être des prisonniers français évadés -, font étape au restaurant, où ils dorment parfois. Louis Morel assure également du passage de courrier d’habitants de Salins.

En octobre 1940, Louis Morel est arrêté une première fois par les Allemands pour cette activité et condamné à sept semaines d’emprisonnement par un tribunal siégeant à Arbois et écroué dans une prison de cette ville.