Photo anthropométrique prise le 9 avril 1942 par le service de l’identité judiciaire. © Archives de la Préfecture de Police, Paris.
Louise, dite “Anaïse” et “Nayette”, Amand naît le 17 mars 1904 au hameau de Ruffigny, commune d’Iteuil (Vienne – 86), fille cadette d’Alphonse Désiré Amand, 29 ans, journalier agricole, et de Louise Julienne Beaufigeau, son épouse, 22 ans.
À Iteuil, le foyer compte six enfants : Lucienne, née le 27 juillet 1902, Louise, puis René, né le 7 avril 1906, Louis, né le 18 septembre 1908, Fernand, né le 24 avril 1911, et Gilbert, né le 2 avril 1913.
Plus tard, la famille s’installe à Poitiers (86), au 13 rue de la Chaume de la Cueille, où le père sera déclaré comme “cultivateur” en 1921.
À cette adresse naissent André Félix, le 28 juin 1916, et Georges Michel, le 7 décembre 1918.
La famille étant extrêmement pauvre, “Nayette” quitte très tôt l’école communale pour devenir ouvrière dans une usine de chaussures (Charlotte Delbo écrira « galoches »). Son frère, René, quitte l’école à dix ans et demi, pour devenir boucher.
En 1921, Louise Amand (“Nayette”) est déclarée comme chamareuse (ouvrière chargée de décorer des chaussures) chez Blanchard, entreprise où Lucienne est manutentionnaire. René est charcutier chez Origny (?).
Selon Charlotte Delbo, le père est ensuite employé aux abattoirs de Poitiers.
En 1931, la famille (réduite après que certains enfants soient partis) habite au 68 faubourg de la Cueille ; le père est déclaré comme « journalier”, “Nayette” est “mécanicienne”.
Le 8 octobre 1932 à Poitiers, Louise Amand épouse Marcel, Daniel, Lavigne, né le 4 mai 1907 à Poitiers, électricien, fils d’un employé du Chemin de fer.
En 1933, Marcel est embauché comme « ouvrier monteur pour la réparation d’outillage et d’installation de stations service de garage » dans une entreprise industrielle de Poitiers de fournitures en gros d’installation de garage.
Au cours de l’été 1936, Marcel Lavigne rejoint le Syndicat CGT qui se crée dans son entreprise, Dans cette période, lors d’une réunion du personnel de l’entreprise de Marcel, qui se tient dans un café [?], Louise monte sur une table pour prendre la parole et inciter à poursuivre la lutte. Fin août, au retour de vacances du patron, Marcel est un des deux porte-parole du mouvement revendicatif.