Photographiée à Auschwitz-I, le 3 février 1943. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.
Lucette, Suzanne, Magui naît le 6 décembre 1914, à Tours (Indre-et-Loire – 37), fille d’Emmanuel Louis Marie Magui, 46 ans, charpentier, et d’Alphonsine Eugénie Lamy, 41 ans, son épouse, lingère. Lucette a (au moins) six frères et sœurs plus âgés : Louise, née en 1894 à Saint-Benoît, Henri, né le 31 août 1899 à Poitiers, Georgette, née en 1901 à Tours, les jumeaux Georges et Emmanuel, nés le 24 novembre 1905 chez leurs parents, alors domiciliés au 5, rue de l’Élysée à Tours, Yvonne, née en 1910.
Le 7 février 1916, à 7 heures du matin, leur père, âgé de 47 ans, décède au domicile familial, alors au 16, rue de la Paix, quartier Poissonnerie, à Tours ; son décès est déclaré au service d’état civil par deux voisines du quartier. Lucette a un an et demi.
Son frère aîné Henri, fantassin arrivé sur le front le 7 juin 1918, est blessé le 14 septembre suivant près de Glenne (Marne). Il finit la guerre à l’hôpital, avant d’être démobilisé le 1er octobre 1919.
Lucette va à l’école jusqu’au certificat d’études primaires.
Jusqu’en 1931, elle habite rue de la Paix avec sa mère et son frère Georges.
En 1932, à Tours, elle se marie avec Jean Auguste Herbassier, né le 11 décembre 1911 dans cette ville, peintre en bâtiment. Ils ont un fils, Jean, né vers 1933.
Lucette tiendra ensuite une épicerie-buvette, rue de la Paix.
Sous l’occupation, les Herbassier habitent au 49, rue Rouget-de-L’Isle, quartier de La Riche, à Tours.
Un rapport de police daté du 26 mai 1954 rapportera : « À la suite de l’arrestation à Paris de dirigeants nationaux du Parti communiste clandestin, certains responsables interrégionaux furent identifiés. Les Allemands recherchèrent activement dans notre ville le nommé Chartier André dit “Victor”, responsable interrégional du PC clandestin pour la Touraine, l’Anjou, l’Orléanais. L’enquête sous la direction de la Gestapo provoqua l’arrestation de M. Dumas Jules, 84 rue Georges Courteline, à qui Chartier avait confié sa carte de tabac [afin qu’il puisse toucher ses rations à sa place] . Chez Dumas, de nombreux tracts anti-allemands furent saisis, et certains documents permirent l’arrestation des membres de l’organisation clandestine du PC constituée à Tours, [une soixantaine de personnes] parmi lesquels se trouvaient Madame Herbassier, née Magui Lucette, et le nommé Pisetta Louis, arrêtés le même jour … »
Charlotte Delbo rapportera une autre version. Selon elle, Lucette Herbassier est dénoncée par des voisins ayant vu des gens venir chez elle avec des valises, d’autres en sortir avec ces mêmes valises. Et, de fait, celles-ci contenaient des journaux clandestins et des tracts du Front national [1].
Le 4 août 1942, vers 4 h 30 du matin, des policiers français font irruption au domicile familial et emmènent les trois personnes présentes.