Lucien, André, Martin naît le 28 février 1905 à Paris 11e, chez sa mère, Émilie Martin, 21 ans, domestique, domiciliée au 20, rue Notre-Dame-de-Nazareth, et de père non dénommé. Le 2 août 1910, à la mairie du 3e arrondissement, il est légitimé par le mariage d’Alphonse Chevalier, 24 ans, mécanicien, avec sa mère, alors brodeuse. Tous deux sont alors domiciliés au 1, rue Perrée, chez la grand-mère maternelle de Lucien. Par la suite, ils déménageront plusieurs fois dans Paris et en proche banlieue. Lucien commence à travailler dès l’âge de 10 ans et demi.
Son père est mobilisé au cours de la Première Guerre mondiale.
Pendant un temps, Lucien travaille comme chauffeur automobile, habitant chez ses parents au 14, avenue de la Mairie à Saint-Maur-des-Fossés (Seine / Val-de-Marne – 94).
Le 9 juin 1923, à Saint-Maur, il s’engage volontairement pour deux ans au 23e régiment d’infanterie, arrivant au corps le 15 juin. Il participe à l’occupation des Pays rhénans jusqu’au 3 mars 1924, puis de la Ruhr jusqu’au 22 octobre, puis de nouveau à l’occupation des Pays rhénans. Le 15 mai 1925, il est renvoyé dans ses foyers, titulaire d’un certificat de bonne conduite.
Fin 1927, il est domicilié au 70 boulevard National à Saint-Maur. En août 1929, il demeure au 4, rue Lesage à Joinville-le-Pont (94), avec son père, travaillant peut-être comme cafetier.
Le 8 juin 1931, à Fontenay-sous-Bois (94), Lucien Chevalier se marie avec Irène Cérézat, née le 24 mai 1908 à Affieux (Corrèze) ; ils n’auront pas d’enfant. Celle-ci cesse de travailler après leur mariage pour s’occuper du foyer. Ils sont alors domiciliés au 8, place d’Armes dans cette commune.
En avril 1932, il habite au 20, quai de Bercy à Charenton-le-Pont (94), fin 1933, il loge au 120, avenue Foch à la Varenne.
En novembre 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, il est domicilié dans un logement au 13, rue Saint-Blaise à Paris 20e, à l’angle de la rue Riblette, dans l’ancien village de Charonne.
Lucien Chevalier est chauffeur-livreur ou chauffeur de poids lourds.
Militant du Parti communiste, il est membre de la cellule de rue n° 2059 rattachée à la section du 20e arrondissement, considéré comme un des principaux responsables pour l’organisation des fêtes et goguettes. Cette activité lui vaut d’être considéré comme un homme de confiance du Parti, raison pour laquelle, jusqu’à la veille de la guerre, il travaille de son métier pour la compagnie maritime France-Navigation , liée au Parti communiste et dont le siège est situé rue de l’Arcade à Paris ; il y est plus particulièrement chauffeur du directeur technique Auguste Dumay (1888-1955). La police le soupçonnera de s’être « livré, lors de la guerre d’Espagne, au trafic d’armes pour les rouges ».
Le 19 mai 1939, le tribunal correctionnel de Chartres le condamne à une amende pour infraction à un arrêté municipal et refus d’obtempérer commis le 11 février (ce qui lui sera signifié à son domicile le… 13 juillet suivant).
Avant l’Exode de juin 1940, la police française effectue une perquisition infructueuse au domicile du couple.