Lucien COLIN

Matricule 45378
decede
Photographie de Lucien COLIN
Marcel et Lucien Colin © Jean-Claude Colin — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/06/colin-lucien/
Convoi 45000

Lucien, Valéry, Louis, Colin naît le 1er juillet 1923 à Lamballe (Côtes-d’Armor [1] – 22). Son père, Arsène Colin, est pendant un temps directeur de l’École primaire supérieure (EPS) Gambetta, au 72, rue de Bayeux à Caen.

Ayant organisé une manifestation patriotique au Monument aux morts de Caen sous l’occupation (voir ci-dessous), Monsieur Colin est révoqué de l’Éducation nationale et part s’installer à Avranches pour y tenir un commerce avec son épouse, les Nouvelles Galeries, rue de la Constitution.

Au moment de son arrestation définitive, Lucien Colin est étudiant en physique chimie biologie (PCB) à l’université de Caen (Calvados – 14) et se destine à la médecine. Il partage une chambre de bonne avec son frère Marcel au 34, rue Barbey-d’Aurevilly. Il est célibataire.

Lucien Colin est arrêté une première fois le 11 novembre 1941, en compagnie de son frère Marcel et d’Emmanuel Desbiot, professeur d’Anglais, pour avoir fleuri le monument aux morts de la ville, situé sur la place du Maréchal Foch… devant l’entrée de l’Hôtel Malherbe où s’était installée la Feldkommandantur 723 !

L’hôtel Malherbe avant guerre ; à gauche, le monument aux morts. Carte postale, collection Mémoire Vive.

Frise de la base du monument aux morts de Caen. Carte Postale. Collection Mémoire Vive.

Jugés “en flagrant délit” par le Tribunal de simple police de Caen, ils sont aussitôt relâchés.

Le 7 mai 1942 vers 22 h 15, Lucien est de nouveau arrêté, à son domicile, par deux Feldgendarmes , à la suite de l’attentat de Moult-Argences (Airan) [2]. Les Allemands cherchaient son père. Ne le trouvant pas, ils arrêtent ses fils.

Lucien Colin est conduit avec son frère et E. Desbiot au “petit lycée” (mitoyen au lycée Malherbe, et qui a changé d’affectation depuis), où sont rassemblés treize détenus qui passeront la nuit sur le parquet.

Le lendemain, ils subissent un interrogatoire au cours duquel il leur est reproché un voyage en Angleterre avant la guerre. À partir de midi, les détenus peuvent recevoir des visites : les frères Colin voient leurs amis étudiants.

Le matin du 9 mai, dix-neuf détenus sont transportés à la gare de marchandise de Caen pour être transférés. Toute la journée, des contacts sont encore possible avec les otages qui attendent le départ dans deux wagons de marchandise qui ne partiront que le soir.

Le lendemain soir, ils arrivent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).