Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Lucien Moreau naît le 10 mai 1922 à Paris 6e, fils de Victor Henri Moreau et de Françoise Boisseau.
Au moment de son arrestation, il est domicilié au 9 ou au 178, rue du Château des Rentiers, ou au 18 rue Brillat-Savarin, à Paris 13e. Il est célibataire (il a 19 ans).
Lucien Moreau travaille comme polisseur sur métaux.
Le 30 janvier 1941, il est arrêté pour propagande communiste, avec Jean Roy et Lucien Borie. Inculpés d’infraction aux articles 1, 3 et 4 du décret-loi du 26 septembre 1939, ils sont conduits au Dépôt de la préfecture de police.
Palais de Justice de Paris, île de la Cité, Paris 1er. Tribunal correctionnel, un des porches du rez-de-chaussée. (montage photographique)
Le lendemain, 31 janvier, la 12e chambre du tribunal correctionnel de la Seine condamne Lucien Moreau et Jean Roy à quatre mois d’emprisonnement, et Lucien Borie à dix mois (les trois hommes feront appel le 22 février). Ils commencent à subir leur peine à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e). Le 12 février, Lucien Moreau et Jean Roy sont transférés à l’établissement pénitentiaire de Fresnes [1] (Seine / Val-de-Marne).
L’établissement pénitentiaire de Fresnes après guerre. Carte postale. Collection Mémoire Vive.
Le 25 mars, la 10e chambre de la cour d’appel de Paris confirme le jugement initial.
Le 30 avril, à l’expiration de leur peine, Lucien Moreau et Jean Roy sont libérés.
Le 28 avril 1942, Lucien Moreau et Jean Roy sont arrêtés chacun à leurs domiciles respectifs lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine, avec le concours de la police française, et visant majoritairement des militants du Parti communiste clandestin ayant précédemment fait l’objet d’une procédure judiciaire, avec ou sans condamnation, notamment de jeunes mineurs ayant été remis à leur famille. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, alignés transversalement, les six grands bâtiments du quartier C. Isolés par une clôture de barbelés, ils ont constitué le “camp juif” du 13 décembre 1941 au 6 juillet 1942. Ensuite, ils ont servi au regroupement des détenus pour le prochain convoi en partance. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas). Carte postale. Coll. Mémoire Vive.