Madeleine DECHAVASSINE

Matricule 31639
decede
Photographie de Madeleine DECHAVASSINE
Photo anthropométrique prise le 18 mars 1940, après sa première arrestation, par le service de l’identité judiciaire. © Archives de la Préfecture de Police (APP), Paris.
Convoi 31000

Au fort de Romainville, en détention allemande. Droits réservés.

Madeleine, Marie, Roger naît le 29 novembre 1900 à Letanne (Ardennes), petit village sur les bords de la Meuse, fille d’Achille Roger, instituteur, et de Berthe Husson.

Elle obtient son diplôme d’ingénieur-chimiste à Nancy (Meurthe-et-Moselle).

Le 22 septembre 1925, à la maire du 5e arrondissement parisien, âgée de 24 ans, Madeleine Roger se marie avec Jean Dechavassine, 23 ans, négociant ; le couple, sans enfant, se séparera (jugement de divorce rendu en avril 1948).

Madeleine Dechavassine adhère au parti communiste à la suite des grèves de 1936 : sous un régime socialiste, des possibilités pourraient s’ouvrir dans le domaine des sciences et la situation de la femme pourrait enfin évoluer.

Avant guerre, elle est domiciliée à Montreuil-sous-Bois [1] (Seine / Seine-Saint-Denis). Plus tard, elle habite au 43, avenue des Champs-Élysées… au Perreux (Seine / Val-de-Marne).

Le 27 août 1939, L’Humanité est interdite à la suite du pacte germano-soviétique. Dès ce jour, la section de Montreuil du parti communiste publie un premier numéro clandestin du journal. Madeleine et ses camarades – parmi lesquels Jean Renard, Fernand Vandenhove et Marceau Vergua qui seront déportés dans le convoi du 6 juillet 1942 – se chargent du transport de l’édition qui est diffusée dans la région Paris-Est. La police est alertée et tend une souricière à laquelle le groupe échappe.

Dans l’usine où elle travaille comme ingénieure, Madeleine Dechavassine participe à la diffusion clandestine du journal communiste.

En mars 1940, elle est arrêtée par des policiers du commissariat de secteur de Montreuil après avoir été dénoncée. Inculpée d’infraction au décret du 26 septembre 1939, elle est écrouée en détention préventive à la Maison d’arrêt pour femmes de la Petite Roquette, à Paris 11e.

Maison d’arrêt de la Petite Roquette. Prison pour femmes à partir de 1920, après la fermeture de la prison Saint-Lazare. Fermée en 1974, démolie en 1975 et remplacée par un square. Carte postale, collection Mémoire Vive.

Lors de la débâcle militaire de juin 1940, les détenues de la Petite Roquette sont évacuées sur la prison de Blois (Loir-et-Cher). Une semaine plus tard, les prisonniers sont évacués à nouveau en colonnes sur les routes. Madeleine Dechavassine réussit à s’évader et gagne Toulouse (Garonne). Là, elle se procure de faux papiers au nom de Suzanne Delaborde et rentre à Paris en septembre.

Au moment de son arrestation, elle est domiciliée au 14 avenue des Capucines à Villeneuve-Le-Roi [1] (Seine / Val-de-Marne).