Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Marceau Lannoy naît le 16 août 1922 à Auchel (Pas-de-Calais), dans une famille de mineurs, fils de Marceau Lannoy, né à Liévin le 12 juin 1902, et de Léone Cordonnier, son épouse, née en 1903 ; son grand-père a échappé à la catastrophe de Courrières du 10 mars 1906 (un coup de grisou ayant tué 1099 mineurs). Marceau a un frère, Jules, né en 1924, et une sœur, Hélène, née en 1933.
Entre 1933 et 1936, pour échapper à la mine, la famille part s’installer près de la capitale, au 225, avenue Jean-Jaurès à Aubervilliers [1] (Seine-Saint-Denis) ; ancienne route de Flandre (peut-être vers l’angle de la rue de Montfort, devenue rue Hélène-Cochonnec). Ils hébergent également Louis D., un neveu du chef de famille, né en 1913. Dans le même immeuble vivent d’autres membres de la famille Lannoy, anciens mineurs.
Marceau Lannoy père travaille chez Billard, entreprise de travaux publics, et sa mère chez Unt et Palmer à la Courneuve.
Le père de famille est adhérent au Parti communiste.
Après avoir obtenu le certificat d’études primaires en 1936, Marceau Lannoy fils continue sa scolarité au cours complémentaire.
Sportif, il est inscrit à l’U.S.O.A. (Union sportive ouvrière d’Aubervilliers ?), où il fait partie de l’équipe de football. Sans argent pour leurs déplacements, les joueurs vont parfois à pied jusqu’à Gonesse pour disputer un match. Le siège du club se trouve dans un local syndical, en face du marché couvert et à côté de la mairie d’Aubervilliers.
En 1937, des footballeurs de son équipe, membres des Jeunesses communistes, incitent Marceau Lannoy à adhérer ; il a 15 ans. Deux ans après, il est secrétaire des Jeunesses communistes d’Aubervilliers dont le siège est situé rue du Landy.
Quand, les organisations communistes sont dissoutes en 1939, Marceau Lannoy participe à l’activité clandestine.
Au moment de l’invasion allemande, l’encadrement de son usine lui donne pour consigne de rejoindre – par ses propres moyens – Toulouse, ville où celle-ci doit se replier. Arrivé sur place après les pérégrinations de l’Exode, il se retrouve seul et rentre à Aubervillers quelques mois plus tard, vers la mi-octobre. Il reprend l’activité clandestine, imprimant et distribuant dans le quartier du Mont-Fort des tracts dont le texte est fourni par Roger Brasini, responsable régional de la JC. La machine (à gélatine ?) utilisée pour l’impression est dissimulée dans la cabane du jardin paternel situé près des fossés du fort d’Aubervilliers. Le travail se fait de nuit, à la lueur d’une lampe de poche. Pour distribuer ce “matériel” sur Aubervilliers, les rencontres ont lieu le long du canal de l’Ourcq, entre la Villette et le pont du Landy.
Le 5 octobre 1940, son père est arrêté lors de la grande vague d’arrestations ciblées organisée dans les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise par les préfets du gouvernement de Pétain contre des hommes connus avant guerre pour être des responsables communistes (élus, cadres du PC et de la CGT) ; action menée avec l’accord de l’occupant. Il est interné au centre de séjour surveillé d’Aincourt.
Le “sana” d’Aincourt transformé en camp. Tel qu’il est photographié, le pavillon Adrien Bonnefoy Sibour ne laisse pas entrevoir la grande forêt qui l’entoure et l’isole de la campagne environnante