Marcel Gaudin naît le 17 janvier 1899 à Paris 11e, chez ses parents, Édouard Gaudin, 34 ans, fabriquant de cadres, et Victorine Deléaval, son épouse, 32 ans, cuisinière, domiciliés au 132, rue Saint-Maur.
Puis la famille emménage au 212 de la rue Saint-Maur (Paris 10e), près de la rue Saint-Marthe. Habitant encore chez ses parents, Marcel Gaudin devient menuisier, comme son père.
Le 19 avril 1918, il est incorporé comme canonnier de 2e classe au 105e régiment d’artillerie lourde. Le 21 juillet suivant, il passe au 107e RAL. Le 4 février 1919, il passe au 2e groupe d’artillerie d’Afrique. Il est en campagne dans l’Armée d’Orient du 4 février au 23 octobre 1919. Le 16 décembre, il passe au 1er G.A.A. Le 21 février 1920, il est considéré comme déserteur. Le 21 juin, il est arrêté et écroué à la prison militaire de Marseille. Le 4 août, le Conseil de guerre de la 15e région le condamne à trois mois de prison. Le 14 septembre 1920, il rejoint le 1er groupe d’artillerie de campagne d’Afrique (GACA) : il est en campagne en Algérie du 16 septembre 1920 au 7 août 1921. Le lendemain, 8 août, il est libéré du service actif, sa condamnation ayant été amnistiée le 27 juillet.
Marcel Gaudin se spécialise comme menuisier en cadres. Pendant un temps, il habite au 78, rue de la Roquette (Paris 11e).
Le 28 février 1928 à la mairie du 11e arrondissement, il se marie avec Yvonne Cosson, née le 8 octobre 1906 à Paris 11e, papetière. Ils vivent déjà à la même adresse.
Au moment de son arrestation, Marcel Gaudin est toujours domicilié au 212, rue Saint-Maur à Paris 10e, près de la rue Saint-Marthe.
Le 4 avril 1940, Marcel Gaudin est arrêté pour distribution de tracts communistes sur le marché de la rue Alibert, mitoyen de l’hôpital Saint-Louis. Inculpé d’infraction au décret du 26 septembre 1939 (dissolution et interdiction des organisations communistes), il est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e).
Le 22 octobre, il est placé sous mandat de dépôt ou d’écrou.
Le 8 février 1941, lors d’une audience au cours de laquelle sont jugés 48 militants communistes (dit « procès des cinquante » ?), dont dix-sept futurs “45000”, la chambre des mineurs (15e) du tribunal correctionnel de la Seine condamne Marcel Gaudin à dix mois d’emprisonnement. Comme les autres condamnés, il fait appel de la sentence le 28 février.
Le 21 mars, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif.
Le 9 avril, la Cour d’appel de Paris examine la situation de cinquante condamnés pour activité communiste. Elle réduit la peine de Marcel Gaudin à huit mois de prison… déjà effectués.
Le 21 avril, il fait partie d’un groupe d’internés transférés (depuis le dépôt ?) au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Seine-et-Oise / Val-d’Oise), créé en octobre 1940 dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt.