Marcel GAUTHIER

Matricule 45582
decede
Photographie de Marcel GAUTHIER
Marcel Gauthier, photo de famille D.r. — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2008/03/gauthier-marcel/
Convoi 45000

Marcel Gauthier naît le 4 novembre 1897 au Creusot (Saône-et-Loire – 71), fils de Charles Gauthier, 32 ans, manœuvre, et de Catherine, née Dechaume, 26 ans, son épouse, domiciliés « aux Carrières, maison Grenot ».

Pendant un temps, il travaille comme maçon.

Le 11 janvier 1916, il est mobilisé au 11e régiment du Génie. Il est « en campagne contre l’Allemagne » jusqu’au 4 août suivant, puis rejoint la zone des armées dans les unités non-combattantes. Le 13 septembre 1917, la commission de réforme de Pau le classe service auxiliaire « pour adénopathie cervicale bilatérale et insuffisance respiratoire du sommet gauche imputable au service ». Le 13 septembre, puis le 4 octobre suivant, la commission d’Épinal le déclare « apte aux armées ». Le 26 octobre, il passe à la 24e section d’infirmiers. Le 28 décembre 1917, il retourne au 11e régiment du Génie. Le 27 septembre 1918, la commission de Chalon-sur-Saône le propose pour la réforme temporaire n°1 pour les mêmes atteintes pulmonaires. Il se retire chez ses parents, alors domiciliés au 16, rue de Tunisie au Creusot. Au cours des années suivants, différentes commissions (Autun, Dijon) prolongeront sa réforme militaire. Enfin, le 8 septembre 1922, celle de Chalon-sur-Saône prononcera une réforme définitive avec pension à 20 % , précisant « pour adénopathie cervicale à gauche très volumineuse de nature bacillaire… » À une date à préciser, il sera admis à la clinique Lemaire, sise au 46, rue Pierre-Cornu à Berck (Pas-de-Calais).

Le 13 décembre 1919 au Creusot, Marcel Gauthier se marie avec Anna, Léontine, Rougeot, née le 1er août 1898 à Saint-Léger-sur-Dheune (71). Ils ont trois enfants, dont Henri, né le 31 mai 1921, et Roger, né le 10 avril 1925.

En juillet 1922, il habite au 41, chemin de Cormontreuil à Reims (Marne).

Au moment de son arrestation, Marcel Gauthier est domicilié au 22, rue Cognacq-Jay à Reims (Marne).

Il est ouvrier d’entretien à la verrerie Charbonneaux de Reims, au lieu-dit Pont-Huon, à proximité du canal de l’Aisne à la Marne (production d’isolateurs électriques en verre pressé-moulé et surtout de bouteilles champenoises, au verre épais capable de résister à une pression importante). Il est embauché du 7 mars au 30 avril 1932, puis du 12 février 1935 au 16 mai 1940, date de l’évacuation de la ville de Reims. En 1936, selon les Renseignements généraux (R.G.), il se met « en évidence […] à la faveur des grèves ». En 1938, il est secrétaire du syndicat des verriers de Reims (875 adhérents) qu’il représente au congrès de la CGT. Selon les R.G., « son appartenance au P.C. n’ [est] nullement certaine », plusieurs personnes estimant qu’il se trouve « à la lisière du socialisme et du communisme ».

Il semble que Marcel Gauthier perçoive une pension d’invalidité de travail de 100 % (à vérifier…). Après son arrestation, il est déclaré comme maçon-fumiste (?). Sous l’occupation, il a un emploi régulier. Selon les R.G., dès le lendemain de l’armistice de 1940, Marcel Gauthier se fait embaucher avec ses deux fils sur les chantiers de l’aérodrome militaire de Juvincourt (Aisne) [1], situé à 25 kilomètres au nord-ouest de Reims, où il ne dissimule pas son opposition aux occupants.

Le 24 avril 1941, sur réquisition du préfet de la Marne, le commissaire de police du 3e arrondissement de Reims, assisté d’une secrétaire et de deux inspecteurs, se transporte à son domicile afin d’y « procéder à une perquisition et de saisir tous objets, matériel ou document intéressant le propagande communiste clandestine ou anti-nationale ». Reçu par son épouse en son absence, les policiers ne font aucune découverte « se rapportant à l’affaire en cours ». Le 22 mai, Marcel Gauthier est convoqué par le service local de police pour identification (il semble qu’il soit photographié…).

Le 26 février 1942, à 8 heures du matin, Marcel Gauthier est arrêté à son domicile par des policiers allemands, comme otage en représailles après des attentats contre des soldats allemands à Chalon-sur-Saône et à Montceau-les-Mines, en même temps que dix-sept autres Marnais (membres de lacommunauté juive, militants syndicaux et politiques). Appréhendé en même temps que Jules Huon, René Manceau, Félix Reillon, Maurice Roussel et Henri Roy – tous suspectés d’activité communiste clandestine et futurs compagnons de déportation -, Marcel Gauthier est interné à la prison Robespierre de Reims.

Le 4 mars, il est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Il y est enregistré sous le matricule n° 3673. Pendant un temps, il est assigné au bâtiment A0.

Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ; à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.