Marcel, Jules, André, Genvrin naît le 29 janvier 1902 au Pin, 13 km au nord-Est de Lisieux (Calvados), chez ses parents, Arnaud Genvrin, 50 ans, terrassier (« casseur de pierre »), et Anne Marie Croc, 38 ans, son épouse, domiciliés au hameau du Mesnil. Marcel a deux frères et deux sœurs plus âgés : Henri, Ferdinand, Jeanne et Henriette. Leur mère décède le 25 février 1904, âgée de 41 ans ; Marcel a 2 ans… Lors du recensement de 1906, il ne vit plus avec son père.
Le 11 avril 1925, à Darnétal (Seine-Maritime / Seine-Inférieure [2] – 76), Marcel Genvrin épouse Marie Juliette Pichon, née le 28 mars 1893 à Rouen, file d’ouvriers de filature, elle-même confectionneuse.
Le 22 juillet suivant, Marcel Genvrin est embauché par l’Administration des chemins de fer de l’État qui fusionnera avec des compagnies privées au sein de la SNCF début 1938 [1].
Au moment de son arrestation, il est domicilié au 120, rue des Belges, à Darnétal (76), à l’est de l’agglomération de Rouen ; près de la gare.
Marcel Genvrin est conducteur d’auto au dépôt SNCF de Sotteville-lès-Rouen, réseau de la région Ouest (n° d’agent : 44303).
Sotteville-les-Rouen, sortie des ateliers SNCF. Carte postale, collection Mémoire Vive.
Le 4 août 1941, répondant à une note du préfet de Seine-Inférieure datée du 22 juillet, le commissaire principal de police spéciale de Rouen transmet à celui-ci une liste nominative de 159 militants et militantes communistes de son secteur dont il préconise de prononcer l’internement administratif dans un camp de séjour surveillé, tous anciens dirigeants ou militants convaincus ayant fait une propagande active et soupçonnés de poursuivre leur activité clandestinement et « par tous les moyens ». Parmi eux, Marcel Genvrin…
« Soupçonné de communisme », il est arrêté le 21 octobre suivant, lors de la grande rafle des adhérents communistes et syndicalistes de l’agglomération rouennaise [3] À une date restant à préciser, il est interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne [4] (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Le camp militaire de Royallieu en 1956. Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : le « camp des communistes ». En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive. Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande, en application d’un ordre de Hitler. Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Les deux wagons à bestiaux du Mémorial de Margny-les-Compiègne, installés sur une voie de la gare de marchandise d’où sont partis les convois de déportation. Cliché Mémoire Vive 2011. Tergnier, Laon, Reims… Châlons-sur-Marne : le train se dirige vers l’Allemagne. Ayant passé la nouvelle frontière, il s’arrête à Metz vers 17 heures, y stationne plusieurs heures puis repart à la nuit tombée : Francfort-sur-le-Main ( Frankfurt am Main ), Iéna, Halle, Leipzig, Dresde, Gorlitz, Breslau… puis la Pologne occupée. Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif. Le 8 juillet 1942, Marcel Genvrin est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45590. Sa photo d’immatriculation a été retrouvée. Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit. Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau ; alors choisi pour mettre en œuvre la « solution finale » – le génocide des Juifs européens -, ce site en construction présente un contexte plus meurtrier pour tous les concentrationnaires. À leur arrivée, les “45000” sont répartis dans les Blocks 19 et 20 du secteur B-Ib, le premier créé. Le 10 juillet, après l’appel général, ils subissent un bref interrogatoire d’identité qui parachève leur enregistrement et au cours duquel ils déclarent une profession (celle qu’ils exerçaient en dernier lieu ou une autre, supposée être plus “protectrice” dans le contexte du camp) : Marcel Genvrin se déclare alors comme cheminot ( Eisenbahner ). Puis ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos . L’ensemble des “45000” passent ainsi cinq jours à Birkenau. Le 13 juillet, après l’appel du soir, Marcel Genvrin est dans la moitié des déportés du convoi ramenée au camp principal (Auschwitz-I), auprès duquel fonctionnent des ateliers où sont affectés des ouvriers ayant des qualifications utiles au camp. Portail de l’entrée principale d’Auschwitz-I , le “camp souche” : « Arbeit macht frei » (le travail rend libre). Carte postale. Collection mémoire Vive. Photo : Stanislas Mucha. À une date restant à préciser, il est admis au Block 20 de l’hôpital des détenus d’Auschwitz-I. Il meurt à Auschwitz le 25 août 1942, d’après l’acte de décès établi par l’administration SS du camp ( Sterbebücher ), qui indique « typhus » ( Fleckfieber ) pour cause de sa mort.
À une date restant à préciser, il est interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne [4] (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
Le camp militaire de Royallieu en 1956. Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : le « camp des communistes ». En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande, en application d’un ordre de Hitler.
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.