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Marcel, Maurice, Hodiesne naît le 18 avril 1898 dans le village des Douets sur la commune de Flers (Orne – 61), fils de Constant Hodiesne, 34 ans, charpentier, et de Maria Raimbault, 32 ans, dévideuse (tissage), son épouse ; ses parents seront décédés au moment de son arrestation.
De la classe 1918, Marcel Hodiesne est appelé au service armé par le bureau de recrutement de Montargis. Le 16 avril 1917, il est incorporé comme soldat de 2e classe au 103e régiment d’infanterie. Il part « aux armées » le 20 octobre suivant, affecté au 9e bataillon, 36e compagnie. Le 27 mai 1918, au Mont Kemmel – point culminant (alt. 156 m) de la province de Flandre-Occidentale, en Belgique – il est blessé par un éclat d’obus qui lui occasionne une petite plaie à la face antérieure de la jambe gauche et une fracture du péroné. Il est cité à l’ordre du régiment : « Soldat dévoué et courageux, s’est particulièrement distingué […] dans une contre attaque au cours de laquelle il a été blessé ». Évacué, il retourne au front le 20 août suivant. Le 2 mars 1918, il passe au C.I.D. (?), dans la 12e compagnie, et, une semaine plus tard, au 1er bataillon, 3e Cie. Le 28 mai, il passe au C.I.D. (?), dans la 4e Cie. Le 20 octobre, il est évacué comme malade (suite blessure de guerre ?), rentrant au dépôt le 13 janvier 1919. Le 18 février, il passe au C.R.P.N., 2e Cie. Le 27 avril suivant, il passe au 84e régiment d’infanterie.
Le 23 juin 1919, son unité rejoint l’armée d’Orient (décret du 23 décembre 1919 ?). Le 17 octobre, en Cilicie, Marcel Hodiesne passe au 18e régiment de tirailleurs algériens ; il y est nommé caporal cinq jours plus tard. Le 1er mai 1920, il est nommé sergent. Le 28 mai, il est fait prisonnier à Chaïr Guidiek ou Guédick (?), puis interné pendant dix-sept mois à Césarée, en Anatolie. Rapatrié le 19 octobre 1921, il est « renvoyé dans ses foyers le dit jour », titulaire d’un certificat de bonne conduite. En novembre, il est cité à l’ordre de l’armée : « Sous-officier d’un courage remarquable, toujours volontaire pour les missions périlleuses, énergique, audacieux possédant les plus belles qualités de la race [sic] , a secondé vaillamment son commandant de compagnie au cours des combats de Bozanti, particulièrement le 7 mai, où les Turcs avaient prononcé une attaque générale. Parti en reconnaissance avec quelques hommes au-delà de nos lignes, a surpris un poste turc qu’il a mis hors de combat. S’est également distingué à la sortie de Bozanti. Conduite magnifique en captivité » ; Marcel Hodiesne reçoit la Croix de guerre avec étoile de bronze.
La Croix de guerre 1914-1918 avec étoile de bronze. © MV
De ses campagnes militaires il ramène plusieurs tatouages, ultérieurement notifiés comme signes particuliers sur des fiches de police : un cœur traversé d’un poignard surmontant l’inscription « 1918 » sur l’avant-bras gauche, une tête de femme sur l’extérieur du bras gauche, une ancre de marine sur l’avant-bras droit, une pensée (la fleur) sur le bras droit et une « étoile du malheur » sur l’épaule droite.
Pendant un temps (avant ou après guerre ?), il est soutier à bord du Malte, bateau de la Compagnie des Chargeurs Réunis.
Le 9 octobre 1923 à Cuves (Manche – 50), Marcel Hodiesne épouse Julienne, Clémentine, Pian. Ils auront trois enfants : Maurice, né le 11 novembre 1925, Gérard, né le 10 mai 1930, et Michel, né le 9 juillet 1935.
Fin 1923, ils habitent au village de la Fontaine, à La Lande-Patry (61). En octobre 1925, ils habitent Avranches, puis, en mars 1927, au lieu-dit La Soudairie, à Cuves (50).
Début 1928, puis en mars 1936, ils sont installés rue de Ponts(-sous-Avranches), à Avranches.
Au moment de son arrestation, Marcel Hodiesne est domicilié au 74 ou 76, rue de la Liberté (dénommée ainsi quand ?) à Avranches.
Marcel Hodiesne est soudeur aux PTT (poste, télécommunication et télégraphe) ; début 1930, l’armée le classe affecté spécial comme agent de ligne aux PTT.