Marcel LESTURGIE

Matricule 45773
survivant
Portrait de Marcel LESTURGIE
Marcel Lesturgie, agrandissement d’une photo de mariage © Sandra Lesturgie. Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Marcel, Charles, Lesturgie naît le 24 novembre 1906 à Lunéville (Meurthe-et-Moselle – 54), fils d’Henri Lesturgie et de Marie Rose Antoine.

En 1924, Marcel Lesturgie habite à Limoges (Haute-Vienne). C’est là qu’il est recensé pour le recrutement militaire (Limoges-Nord, classe 1926, matricule 2943).

Le 24 septembre 1925 à Paris 14e, son frère Henri Marie, 23 ans, domicilié au 5 rue Blottière, épouse Adrienne Gallotti, 32 ans, brodeuse (Marcel n’est pas témoin au mariage).

Le 23 décembre 1930, Marcel Lesturgie est embauché par une compagnie de chemin de fer qui fusionnera avec d’autres au sein de la SNCF début 1938 [1].

Le 17 septembre 1932, à Paris 15e, âgé de 25 ans, il se marie avec Joséphine Gallotti, 30 ans, née le 15 décembre 1901 à Paris 14e, biscuitière ; son frère Henri, employé de la Ville de Paris, est témoin à leur mariage. Marcel et Joséphine n’ont pas d’enfant.

En 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, Marcel Lesturgie est domicilié au 39, rue de Gergovie à Paris 14e ; une sorte de cour intérieure, en retrait de la rue.

La Glaciere-Gentilly, plan 1914. Coll. Pierre Tullin, droits réservés (voir sources).

Le film « Le Train », réalisé en 1964 par John Frankenheimer, comprend plusieurs scènes tournées dans la gare marchandises de la Glacière-Gentilly. Vue des installations de la gare de marchandises le long de la rue Brillat-Savarin. Au fond, la passerelle qui reliait la place de Rungis à la rue des Longues Raies. Droits réservés.

Début mars 1941, à la suite « de nombreuses enquêtes et surveillances effectuées dans le quartier de Plaisance », deux inspecteurs de la brigade spéciale anticommuniste des Renseignements généraux acquièrent « la certitude que [Marcel Lesturgie prend] une part active à la propagande clandestine dans le 14e arrondissement… ».

Le 6 mars 1941, les deux policiers se présentent à son domicile. Lors de la perquisition, ils trouvent, sur la cheminée de la salle à manger, une page d’un cahier d’écolier portant au crayon des instructions destinées à la mise en page et à l’impression d’un prochain tract, sur la cheminée de la salle à manger, un exemplaire de L’Humanité daté du 14 février 1941 (n° 99 rectifié en n° 100 au crayon ; peut-être un modèle…), dans l’armoire de la chambre, 24 stencils vierges (et 2 au-dessus), enfin, dans le placard de la chambre, environ 500 feuilles de papier à duplicateur, dont plusieurs provenant d’un tirage manqué, 5 stencils vierges et une quinzaine de feuilles de papier carbone. Marcel Lesturgie déclare que l’ensemble correspond au contenu du dernier paquet qu’il n’a pu livrer rue Gassendi, son contact n’étant pas venu au rendez-vous. Sur sa table de nuit sont également trouvés une brochure ronéotypée intitulée R ecommandations et directives aux militants et un exemplaire de La Tribune des cheminots daté de décembre 1940, documents remis par des camarades. Marcel Lesturgie rédige et signe une déclaration selon laquelle il remet « spontanément » ces documents aux inspecteurs : s’agit-il d’une procédure équivalant à des aveux ?

Aussitôt arrêté, Marcel Lesturgie est conduit dans les locaux de la BS, à la préfecture de police. Le 7 mars, après son interrogatoire et au vu du rapport des inspecteurs, André Cougoule, commissaire des renseignements généraux, officier de police judiciaire, l’inculpe d’infraction aux articles 1 et 3 du décret du 26 septembre 1939 et le fait conduire au Dépôt, à disposition du procureur de la République. Le lendemain, Marcel Lesturgie est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (à Paris 14).