Marcel Nonnet naît le 20 avril 1910 à Buzançais (Indre), fils de Benjamin Nonnet, 20 ans, et de Jeanne tapissier, et de Jeanne Nonet, son épouse, 21 ans, domiciliés au 13, rue des Renards.
En novembre 1912, la famille habite à Saint-Symphorien, près de Tours (Indre-et-Loire).
Rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale du 1er août 1914 en tant que caporal au 90e régiment d’infanterie, rassemblé à Châteauroux, son père rejoint le front le 9 août. Dès le 10 septembre suivant, lors de la Bataille de la Marne (bataille des marais de Saint-Gond), à Écury-le-Repos, près de la Sère-Champenoise, « en se portant à l’attaque des positions ennemies », il est grièvement blessé par balle à la jambe gauche, puis évacué le lendemain vers un hôpital de Limoges. Cité à l’ordre de son régiment, il reçoit la Croix de guerre. Plus tard, il sera déclaré reformé définitivement n° 1 avec une pension de 60% pour ankylose tibia-tarsienne gauche complète à 100 % avec déformation du pied, immobilité des orteils en griffe.
Fin juin 1932, Benjamin Nonnet, habite dans un immeuble HBM au 7, boulevard Bourceron à Argenteuil (Seine-et-Oise / Val-d’Oise).
Le 17 octobre 1932, Marcel Nonnet, qui possède une formation de comptable, entre comme employé aux écritures dans le service de l’économat de la Compagnie des chemins de fer de l’État, dont le siège est à Paris (n° d’agent 403564).
Le 22 mars 1934, alors qu’il habite Argenteuil, il sollicite son admission dans le cadre permanent de la société. Le 17 mai suivant, une réponse favorable lui propose un emploi de facteur mixte à la gare de Mézidon, dans l’arrondissement de l’Exploitation de Caen, poste qu’il occupe à partir du 8 septembre 1936 (pourquoi ce décalage ?).
Mézidon, extérieur de la gare. Carte postale oblitérée en 1948, mais probablement éditée dans les années 1930. Collection Mémoire Vive.
Au moment de son arrestation, Marcel Nonnet est domicilié dans le petit village de Bretteville-sur-Dives, à 10 km au sud-est de Mézidon (Calvados). Marié à Stéphanie Legrand (sa troisième épouse), il est père de cinq enfants (dont Claudette Marcelle Nonnet, née le 27 juin 1941 à Bretteville ?).
Il milite à la fois à la CGT et au Parti communiste, où il serait secrétaire de cellule.
Carte syndicale CGT, Fédération des chemins de fer. Collection Mémoire Vive.
Selon l’attestation ultérieure du Front national [1], Marcel Nonnet est actif sous l’occupation, dans un groupe de résistance dirigé par René Fairant (fusillé par l’occupant le 14 août 1943) : il participe notamment à des distributions de tracts dans les dépôts du service de la Traction à Mézidon. Le signataire de l’attestation, Michel de Bouard, rapporte que, dans cette période, les Allemands furent renseignés par un agent de la SNCF lui-même surveillé par la Résistance jusqu’à ce que soient établi « de façon certaine, en 1943, [ses] agissements criminels ». En juillet 1946, le chef de gare de Mézidon considère que Marcel Nonnet a été désigné comme otage pour avoir « appartenu, dit-on, à une cellule communiste d’Argenteuil ou de Paris » plusieurs années avant la guerre ; seul motif avancé également par le préfet du Calvados en octobre 1942. Enfin, selon André Montagne, de Caen, Marcel Nonnet et André Ridel « accusaient un gendarme de la responsabilité de leurs arrestations ».
Dans la nuit du 1er au 2 mai 1942, Marcel Nonnet est arrêté à son domicile par la police française (des gendarmes de la brigade de Lisieux ?) en même temps qu’André Ridel de Mézidon ; il figure comme “communiste” sur une liste d’arrestations demandées par la Feldkommandantur 723 de Caen à la suite du déraillement de Moult-Argences (Airan) [2].