Marcelle LEMASSON

Matricule 31670
decede
Photographie de Marcelle LEMASSON
Photo anthropométrique prise le 9 avril 1942 par le service de l’identité judiciaire. © Archives de la Préfecture de Police, Paris
Convoi 31000

Photo anthropométrique prise le 9 avril 1942 par le service de l’identité judiciaire. © Archives de la Préfecture de Police, Paris

Marguerite Marcelle Béziau naît le 28 novembre 1909 à Saintes (Charente-Inférieure / Charente-Maritime – 17), fille de Charles Béziau, 25 ans, chauffeur de locomotive, et de Marie Angèle Vignaud, 22 ans, son épouse. Le couple est installé chez les parents Vignaud, Octave et Marie, demeurent rue Pont-Amillon (quartier Saint-Pallais), proche de l’Abbaye aux Dames.

Au cours de la Première Guerre mondiale, son père est engagé dans la 9e section des Chemins de fer de campagne.

Le 27 janvier 1924, rue Gautier, voie proche, son père décède après avoir été longtemps malade. Marcelle a quinze ans. Elle doit ainsi gagner sa vie très tôt, sans avoir pu faire d’apprentissage après son certificat d’études..

En 1926, mère et fille sont revenues habiter chez les parents Vignaud. Marcelle est vendeuse « aux Galeries ». Sa mère est employée à la CIMT (?), comme son neveu René. Une sœur, Jeannine Charlotte, serait née le 2 janvier 1923, un an avant le décès du père (?).

Le 6 novembre 1926, à Saintes, Marcelle Béziau, âgée de 17 ans, épouse Alexandre Lemasson, 22 ans, né le 15 novembre 1904 à Asnières-sur-Seine (Seine / Hauts-de-Seine), un cheminot, chaudronnier. En 1930, le chemin de fer fait vivre 2500 familles saintaises (source Wikipedia ).

Saintes. La gare et les ateliers des Chemins de fer de l’État vus d’une passerelle dans les années 1900. Carte postale. Collection mémoire Vive.

Tous deux sont connus comme communistes à Saintes, où ils habitent “depuis toujours”, rue Pont-Amillon, une maison avec un jardin d’une « superficie de plusieurs ares ».

Le 27 mars 1942, dans la matinée, Octave Rabaté [1], alors responsable politique de la région des Charentes et de Loire-Inférieure du PC clandestin – en lien avec “Pierre” à Paris – arrive à Saintes par le train, porteur de fausses cartes d’identité pour le couple Normand, entré en clandestinité, et se rend chez Alexandre et Marcelle Lemasson. Le repas de midi est partagé avec trois autres membres de la famille – Jeannine, la sœur de Marcelle et son fiancé, ainsi qu’un oncle – qui repartent après déjeuner. En milieu d’après-midi, des inspecteurs des brigades spéciales de la police de Bordeaux se présentent à la porte de la maison. Octave Rabaté monte aussitôt au premier étage pour jeter par une fenêtre dans le jardin le tampon falsifié qu’il avait amené afin d’“officialiser” les cartes complétées de leurs photos ; il glisse celles-ci sous la porte d’une chambre.

Au cours de la perquisition, Alexandre Lemasson parvient à s’échapper en sortant par la fenêtre d’une chambre du rez-de-chaussée [2].

Pendant que les policiers fouillent la maison, Madeleine Normand (voir ce nom), qui attend dans un square que Marcelle Lemasson lui apporte les cartes d’identité attendues, prise d’impatience, vient voir ce qui motive ce retard. Ayant sous les yeux la photo collée sur sa fausse carte, les policiers la reconnaissent immédiatement. Interrogée, elle révèle qu’elle habite provisoirement avec son mari chez le cheminot Jean Poilane.

Le 1er avril 1942, après quatre jours d’interrogatoire par la 7e brigade de police mobile de Bordeaux, tout le groupe (Rabaté, Marcelle Lemasson, Poilane – qui seront déportés, et reviendront -, les époux Normand) est transféré à Paris et passe quelques jours dans les bureaux de la 1re brigade spéciale (anticommuniste) des Renseignements généraux pour de nouveaux interrogatoires. En effet : « Avec ces dernières arrestations, se termine définitivement l’affaire enclenchée à la suite des surveillances exercées à l’égard de Pican . » (à Paris) ; le lien est à vérifier…