La Jeunesse
Marie-Jeanne Gantou naît le 14 juillet 1913 à Saint-Affrique (Aveyron), fille de François Gantou, 40 ans, petit propriétaire terrien (« cultivateur »), et d’Augustine Douarche, 29 ans, son épouse. Marie-Jeanne est la cadette d’une famille de quatre enfants. Fernande est née en 1906, Georgette naîtra en 1922, et Raymond, le 28 avril 1924, tous trois à Saint-Affrique. En 1911, la famille habite rue de la Grave dans le quartier des Cazes, une voie montant depuis la Sorgue vers le centre. En 1921, ils sont installés rue du Général-de-Castelnau (probablement à la même adresse, la rue ayant pris le nom d’un militaire natif de la ville). En 1926, les deux parents s’y déclarent comme charcutiers.
Sainte-Affrique, la Sorgue et le quartier des Cazes dans les années 1900. Carte postale, collection Mémoire Vive. Sainte-Affrique, la Sorgue et le quartier des Cazes dans les années 1900. Carte postale, collection Mémoire Vive.
Marie-Jeanne suit l’école à Saint-Affrique, puis va à Paris continuer sa formation.Le 1er octobre 1932, elle est admise à l’école d’infirmières de l’Assistance publique à l’hôpital de la Salpétrière (Paris 13e), d’où elle sort avec son diplôme d’État le 15 octobre 1934. Elle est aussitôt nommée infirmière titulaire à l’hôpital Claude-Bernard, 10, avenue de la Porte-d’Aubervilliers (Paris 18e) ; un établissement aujourd’hui disparu.
Au printemps 1936, Marie-Jeanne habite seule au 209-211, rue du Faubourg-Saint-Martin (Paris 10e).
Le 8 mai 1937, à la mairie du 10e arrondissement, Marie-Jeanne Gantou, infirmière, se marie avec Jean-Claude Bauer, né le 3 octobre 1910 à Saint-Dié (Vosges), étudiant en médecine, tous deux étant alors domiciliés rue du Faubourg-Saint-Martin. Bientôt, le – désormais – docteur Bauer ouvre un cabinet de médecine générale à Saint-Ouen-sur-Seine (Seine / Seine-Saint-Denis) ; en octobre 1937, le couple emménage au 3, rue Blanqui.
Ils n’auront pas d’enfant.
Jean-Claude Bauer a adhéré au Parti communiste en 1934.
Au cours de la guerre 1939-1940, lieutenant de réserve, il est mobilisé.
En novembre 1939, Marie-Jeanne fait l’objet d’une enquête de police dans une affaire de propagande communiste.
En juin 1940, son mari est gravement blessé à son poste de secours régimentaire ; fait prisonnier, il s’évade lors d’un transfert vers un hôpital parisien. Il sera décoré de la Croix de guerre et réformé à 20 % pour blessures de guerre. De retour à Saint-Ouen, il reprend son métier. La Résistance
Dès le début de l’occupation, Marie-Jeanne et son mari poursuivent leur engagement communiste dans la résistance.