Marius ADAM

Matricule 45159
decede
Photographie de Marius ADAM
In © Fonds Thorez-Vermeersh — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2014/10/adam-marius-baptiste/
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Marius, Baptiste, Couturier naît le 23 décembre 1898 à Paris 11e (75), fils de Marie Couturier, 19 ans, blanchisseuse, demeurant au 9, passage de la Reuss et de « père non dénommé » (à l’état civil, il est déclaré le 26 décembre et reconnu le 30 janvier suivant). Onze ans plus tard, le 13 novembre 1909, à Paris 11e, Albert Eugène Adam, qui vit avec sa mère, épouse celle-ci et le reconnaît pour son fils.

Pendant un temps, Marius Adam habite au 121, boulevard du Temple à Paris 10e et travaille comme polisseur sur bois.

Le 29 janvier 1916, à Paris 10e, âgé de 17 ans, il se marie avec Marcelle Georgette Braun, née 29 octobre 1899 à Paris 19e (16 ans) ; mais ils divorceront.

Le 16 avril 1917, Marius Adam est incorporé comme chasseur de 2e classe au 26e bataillon de chasseurs à pied.

Le 27 mai 1918, dans le secteur de Mailly (?) ou de Coudé Missy (à situer), au début de l’offensive allemande sur le Chemin des Dames lançant la troisième bataille de l’Aisne, Marius Adam est intoxiqué par les gaz de combat, dont il conservera des séquelles. Le lendemain, il est porté disparu. En fait, il a été fait prisonnier de guerre et conduit en Stalag à Cassel, dans le land de Hesse. Rapatrié le 11 janvier 1919, il est réaffecté à son bataillon. Le 14 février suivant, il passe au 66e BCP. Le 28 mai 1920, il est renvoyé dans ses foyers et se retire au 9, rue Jules-Verne à Paris, titulaire d’un certificat de bonne conduite. En novembre 1924, la 1ère commission de réforme de la Seine le classera comme réformé définitif n°1 avec une pension de 10 % pour sclérose pulmonaire légère des sommets, caractérisée par une diminution du murmure vésiculaire sans bruit adventice et laryngite catarrhale légère chronique (mentionnant une déviation congénitale de la cloison nasale à gauche).

Le 3 février 1923 à Paris 20e, Marius Adam se marie avec Germaine Izaline Fouillat, née le 9 février 1901 à Saumur (Indre-et-Loire). En 1924, le couple demeure au 19, rue de Palikao ou Pali-Kao, dans le quartier de Belleville (Paris 20e). Il aura une fille, Renée, née en 1925. Marius Adam est alors monteur.

À partir de 1934 et jusqu’au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 28, rue de la Banque à la Varenne-Saint-Hilaire, quartier de Saint-Maur-des-Fossés [1] (Seine / Val-de-Marne).

Marius Adam est serrurier, son épouse est couturière.

Tous deux militent localement : Marius est secrétaire des Amis de l’Union soviétique (AUS) et Germaine, secrétaire du Comité mondial des femmes (CMF).

Le 26 décembre 1939 – après l’interdiction du Parti communiste -, le commissaire de Saint-Maur ordonne une perquisition à leur domicile pour vérifier si le couple détient des tracts communistes. Résultat : « … il n’a été trouvé que des brochures sans importance prouvant toutefois que Adam et sa femme étaient bien des communistes ».

Le 27 juin 1941 [2] à cinq heures du matin, Marius Adam est appréhendé à la demande du commissaire de la circonscription de Saint-Maur-des-Fossés, accusé de se livrer à de « la propagande communiste verbale dans son entourage et à son lieu de travail ». Les Renseignements généraux indiquent : « Avant son arrestation, il était inconnu de nos services ». Marius Adam est d’abord conduit au commissariat de Saint-Maur. Le préfet de police a signé les arrêtés ordonnant leur internement administratif en application du décret du 18 novembre 1939, mais ces opérations sont menées en concertation avec l’occupant. En effet, pendant quelques jours, des militants de Paris et de la “petite couronne” arrêtés dans ces conditions sont conduits dans la cour de l’hôtel Matignon, réquisitionné par la Geheime Feldpolizei ( GFP ), et livrés aux « autorités d’occupation » qui les rassemblent provisoirement au Fort de Romainville (HL 122), sur la commune des Lilas (Seine / Seine-Saint-Denis) ; ils n’y sont pas enregistrés.