Marius AMIEL

Matricule 45170
decede
Photographie de Marius AMIEL
Marius Amiel © Hélène Amiel-Vernet — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/11/amiel-joseph-marius/
Convoi 45000

Marius, Joseph, Amiel naît le 11 janvier 1913 à Tuchan (Aude), fils de Joseph Amiel et de Marie Moly.

Du bureau de recrutement de Carcassonne, il effectue son service militaire en 1933.

Le 14 décembre 1936, il est embauché par la compagnie de chemin de fer Paris-Orléans qui fusionnera avec d’autres au sein de la SNCF début 1938 [1].

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 58, rue Clisson à Paris 13e, à l’angle de la rue J.-S.-Bach (à cette adresse se trouve aujourd’hui – 2014 – une crèche de la Ville de Paris).

À une date restant à préciser, il s’est marié avec Marie Antoinette Madeleine Malosse. Le couple a une fille, née au cours de l’été 1939.

Marius Amiel est alors homme d’équipe à la gare de Paris-Austerlitz (région Sud-Ouest).

Paris 13e. Gare d’Austerlitz, la cour des départs. Carte postale des années 1940. Collection Mémoire Vive.

Il adhère au Parti communiste quelques semaines avant la dissolution de celui-ci (septembre 1939), sans pratiquement y militer.

Au printemps 1941, il rencontre Albert Mariel, également manœuvre à Austerlitz, ancien camarade de parti, qui lui demande s’il veut bien se charger « de procéder à la diffusion de matériel clandestin dans les voies de la gare » (d’Austerlitz). Il accepte et, une huitaine de jours plus tard, il trouve des imprimés communistes dans son placard de vestiaire qu’il diffuse dans les conditions qui lui ont été indiquées, sans les remettre de la main à la main. Par la suite, il reçoit une dizaine de dépôt du même genre. Il prépare également cinq feuilles manuscrites intitulées : « Collectes en faveur des victimes de la répression », mais ne recueille pas lui-même d’argent. Parallèlement, il est receveur du Syndicat de Paris Sud-Ouest de la Fédération nationale des travailleurs des Chemins de fer. Au sein du triangle communiste clandestin, il est également en contact avec Maurice Daudin, lui aussi manœuvre à Austerlitz, qu’il connaît par son patronyme, chargé du même travail de diffusion de propagande.

Quelqu’un qui semble le connaître dénonce Marius Amiel au commissaire de quartier (?) :

« PARIS le 5 juillet 1941 Monsieur le Commissaire J,ai l;honneur de vous informer qu’il existe dans votre quartier,placé sous votre surveillance,un lot de jeunes gens,pour la plupart, pères de famille,qui se livrent à une propagande Communiste éffrénée et ce,depuis longtemps, au lieu de s’occuper de leurs familles qu’ils délaissent et méprisent parce qu’elles ne partagent pas leurs idées; ces jeunes gens préfèrent suivre les réunions secrètes,obéir à des ordres étrangers et effectuer des voyages en Province soi-disant ravitailler les leurs’mais en vérité pour distribuer des tracts dans les campagnes de banlieue et de province: Je sais que cette dénonciation doit vous paraître osée mais j,èspère que vous ferez tout votre devoir, afin que cessent les menées de ces mauvais Français ‘ Je me permets de vous citer des Noms: Amiel Marcel employé de chemin de fer au P.O, Gare Austerlitz demeurant 58 rue Clisson Paris 13° qui possède des documents chez lui — à faire suivre Dandin — à faire suivre Mariel — à faire suivre etc — etc —etc —etc — Il est inadmissible qu’en ces temps ci ces gens là travaillent contre la France leur Patrie , contre les intérets de leur Famille et prétendent imposer leurs piètres idées à leurs proches, J’ose espérer que vous réussirez dans votre enquète discrète à mettre ces gens là à la raison, UN PERE DE FAMILLE »

L’affaire est prise en charge par la brigade spéciale anticommuniste des Renseignements généraux de la préfecture de police, qui s’attribuera seule mérite de cette découverte dans ses rapports ultérieurs : « Une recrudescence de la propagande communiste clandestine ayant été constatée dans les milieux de cheminots, notamment à la gare d’Austerlitz, les inspecteurs […] ont procédé à une minutieuse enquête et à des surveillances, au cours desquelles ils ont acquis la certitude que le nommé Amiel Marius s’occupait très activement de la diffusion de tracts communistes clandestins […] ».