Marius ZANZI

Matricule 46266
decede
Photographie de Marius ZANZI
TransportAquarelle
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Paul, Marius , Zanzi naît le 5 avril 1906 à Anould (Vosges – 88), fils de Jean Zanzi et de Lucie Combeau.

En 1926, il s’engage ou accomplit son service militaire dans la Marine nationale à Toulon, jusqu’à être nommé quartier-maître.

Le 9 septembre 1929, à Longeville-sur-la-Laines (Haute-Marne – 52), Paul, Marius, Zanzi se marie avec Irène Marie Boucher, née le 22 novembre 1902 à Ville-en-Blaisois (52), fille d’un instituteur public.

Au printemps 1931 et jusqu’au moment de son arrestation, Marius Zanzi est domicilié au 7, rue Dauphine à Saint-Dié (88), où il gère un petit hôtel dont le rez-de-chaussée est aménagé en café-restaurant : le Zanzi-bar. Lui et son épouse y sont aidés par une bonne.

Sous l’occupation, Saint-Dié se trouve à proximité de la nouvelle frontière avec le Reich (l’Alsace étant annexée) ; parallèlement, l’ensemble de la Lorraine est une zone planifiée en recolonisation allemande à terme.

À l’automne 1940, Marius Zanzi est contacté par André Sester, de Sainte-Marguerite, commune limitrophe, responsable des groupes de jeunes du PC interdit, et par Marcel Rogé, ancien conseiller municipal communiste de Saint-Dié, afin de mettre son établissement à la disposition la résistance. Ainsi des prisonniers de guerre français évadés peuvent y faire étape quand ils passent par Saint-Dié. Son hôtel-restaurant abrite également des réunions clandestines de responsables locaux et départementaux du Parti communiste, et sert d’entrepôt de matériel d’impression (machines à polycopier, tracts…) ; sous le pseudonyme de « Paul », lui-même participe à la diffusion de propagande imprimée.

En février 1941, un inspecteur de police venu d’Épinal (Mitxler, Mistler ou Mischler ?) et se faisant passer pour un responsable communiste venu de Nancy réussit à faire bavarder un membre de son groupe…

Le 26 février, Marius Zanzi est arrêté à son domicile pour activité communiste. Il est conduit à la prison de la “Loge Blanche” dans cette ville. Dans la même affaire sont pris – entre autres – Maurice Marchal, de Sainte-Marguerite, qui sera déporté avec lui, André Sester, et Raymond Ruffet, fusillé. Le 10 mai suivant, Marius Zanzi comparaît devant le tribunal correctionnel de Saint-Dié. Le 26 juin, la cour d’appel de Nancy (Meurthe-et-Moselle – 53) le condamne à un an d’emprisonnement. Il est écroué à la Maison d’arrêt Charles III de Nancy.

Nancy. La prison Charles III. Carte postale écrite en août 1915. Collection Mémoire Vive.

Le 21 février 1942, à l’expiration de sa peine, il n’est pas libéré, mais interné le lendemain au camp français d’Écrouves, près de Toul (53), probablement à la demande des autorités d’occupation. En avril, il aide à l’évasion de Marcel Rogé et Raymond Ruffet. Le 21 mai, Marius Zanzi est transféré à Nancy, probablement en transit…

À une date restant à préciser, il est finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ), où il est enregistré sous le matricule n° 5818.