Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Paul, Marius , Zanzi naît le 5 avril 1906 à Anould (Vosges – 88), fils de Jean Zanzi et de Lucie Combeau.
En 1926, il s’engage ou accomplit son service militaire dans la Marine nationale à Toulon, jusqu’à être nommé quartier-maître.
Le 9 septembre 1929, à Longeville-sur-la-Laines (Haute-Marne – 52), Paul, Marius, Zanzi se marie avec Irène Marie Boucher, née le 22 novembre 1902 à Ville-en-Blaisois (52), fille d’un instituteur public.
Au printemps 1931 et jusqu’au moment de son arrestation, Marius Zanzi est domicilié au 7, rue Dauphine à Saint-Dié (88), où il gère un petit hôtel dont le rez-de-chaussée est aménagé en café-restaurant : le Zanzi-bar. Lui et son épouse y sont aidés par une bonne.
Sous l’occupation, Saint-Dié se trouve à proximité de la nouvelle frontière avec le Reich (l’Alsace étant annexée) ; parallèlement, l’ensemble de la Lorraine est une zone planifiée en recolonisation allemande à terme.
À l’automne 1940, Marius Zanzi est contacté par André Sester, de Sainte-Marguerite, commune limitrophe, responsable des groupes de jeunes du PC interdit, et par Marcel Rogé, ancien conseiller municipal communiste de Saint-Dié, afin de mettre son établissement à la disposition la résistance. Ainsi des prisonniers de guerre français évadés peuvent y faire étape quand ils passent par Saint-Dié. Son hôtel-restaurant abrite également des réunions clandestines de responsables locaux et départementaux du Parti communiste, et sert d’entrepôt de matériel d’impression (machines à polycopier, tracts…) ; sous le pseudonyme de « Paul », lui-même participe à la diffusion de propagande imprimée.
En février 1941, un inspecteur de police venu d’Épinal (Mitxler, Mistler ou Mischler ?) et se faisant passer pour un responsable communiste venu de Nancy réussit à faire bavarder un membre de son groupe…
Le 26 février, Marius Zanzi est arrêté à son domicile pour activité communiste. Il est conduit à la prison de la “Loge Blanche” dans cette ville. Dans la même affaire sont pris – entre autres – Maurice Marchal, de Sainte-Marguerite, qui sera déporté avec lui, André Sester, et Raymond Ruffet, fusillé. Le 10 mai suivant, Marius Zanzi comparaît devant le tribunal correctionnel de Saint-Dié. Le 26 juin, la cour d’appel de Nancy (Meurthe-et-Moselle – 53) le condamne à un an d’emprisonnement. Il est écroué à la Maison d’arrêt Charles III de Nancy.
Nancy. La prison Charles III. Carte postale écrite en août 1915. Collection Mémoire Vive.
Le 21 février 1942, à l’expiration de sa peine, il n’est pas libéré, mais interné le lendemain au camp français d’Écrouves, près de Toul (53), probablement à la demande des autorités d’occupation. En avril, il aide à l’évasion de Marcel Rogé et Raymond Ruffet. Le 21 mai, Marius Zanzi est transféré à Nancy, probablement en transit…
À une date restant à préciser, il est finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ), où il est enregistré sous le matricule n° 5818.