Martial, Alexandre, Georget naît le 28 février 1910 à Crézancy (Aisne), près de Château-Thierry (sur la rive opposée de la Marne), de Paul Georget et Léontine Lhomer.
Au moment de son arrestation, célibataire, il est domicilié chez ses parents au 24, rue Anatole-France à Alfortville [1] (Seine / Val-de-Marne – 94).
Il est métallo, manœuvre spécialisé à l’usine de roulements à billes SKF (groupe suédois Svenska KullagerFabriken ) d’Ivry-sur-Seine (94), sise au 39 rue Franklin (devenue Maurice-Gunsbourg), entreprise où travaille également René Robin.
Membre du Parti communiste à partir de 1935, Martial Georget est pendant un temps « trésorier de la section locale des Métaux d’Ivry-sur-Seine ».
Le 15 octobre 1940, à 22 h 40, alors qu’il circule rue de Villeneuve à Alfortville, il est interpellé par des agents du commissariat de police de la circonscription de Charenton-le-Pont qui découvrent sur lui plusieurs tracts d’inspiration communiste et deux carnets à en-tête du Comité populaire des travailleurs des Métaux de la région parisienne portant des noms. S’ensuit une perquisition à son domicile qui amène la découverte de nombreuses affichettes, papillons écrits, brochures imprimées diverses, ainsi qu’un matériel complet de polycopie (pâte, outils) et de papier vierge. Interrogé, il reconnaît avoir imprimé lui-même le “placard” « Thorez au pouvoir ». Inculpé le lendemain d’infraction au décret du 26-09-1939 condamnant l’activité et la propagande communiste, il est conduit au dépôt de la préfecture de police (Conciergerie, sous-sol du Palais de Justice, île de la Cité). Une semaine plus tard, le commissariat d’Alfortville signalera à celui d’Ivry-sur-Seine sept militants de cette commune inscrits sur un des carnets trouvés, dont René Robin.
Le 17 octobre, après son passage devant le procureur de la République, Martial Georget est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e). Le 22 octobre, la 12e chambre du Tribunal correctionnel de la Seine le condamne à 15 mois de prison. Le 16 décembre, la 10e chambre de la Cour d’appel de Paris confirme le 1er jugement. Le 23 décembre, Martial Georget est transféré à l’établissement pénitentiaire de Fresnes [1] (94).
L’établissement pénitentiaire de Fresnes après guerre. Carte postale. Collection Mémoire Vive.
Que se passe-t-il ensuite ? Est-il libéré pour un motif particulier, arrive-t-il à s’échapper, est-il poursuivi pour un nouveau motif alors qu’il est encore détenu ?
Le 8 mars 1941, un juge d’instruction du tribunal de première instance de la Seine l’inculpe encore une fois d’infraction au décret du 26-9-1939 et le fait de nouveau écrouer à la Santé. Vingt-deux personnes prises dans la même affaire sont inculpées pour le même motif, dont Lucien Tourte et Félix Vinet (au cours de l’instruction, il y aura disjonction de l’affaire et Félix Vinet sera jugé séparément avec une autre personne).
Palais de Justice de Paris, île de la Cité, Paris 1er. Tribunal correctionnel, un des porches du rez-de-chaussée. (montage photographique)
Le 28 juillet, la 10e chambre de la Cour d’appel de Paris réduit la condamnation à quinze mois de prison et maintient la confusion.
À l’expiration de sa peine, le 24 septembre, Martial Georget n’est pas libéré : le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif. Probablement transféré le jour-même, Martial Georget est ensuite détenu au dépôt de la préfecture de police de Paris (Conciergerie, sous-sol du Palais de Justice , île de la Cité).