Maurice DEHOUX

Matricule 45434
decede
Photographie de Maurice DEHOUX
Maurice Dehoux, © SHD Caen — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/04/dehoux-maurice-emile-marie-lucien/
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Maurice, Émile, Marie, Lucien, Dehoux naît le 13 novembre 1909 à Dieppe (Seine-Maritime [1] – 76), fils d’Émile Dehoux, 21 ans, employé de commerce, et d’Olive, Camille, Vergnory, son épouse, 21 ans, giletière, mariés au mois de mai précédent.

Le couple divorce et sa mère se remarie à Dieppe le 26 septembre 1923 avec Gaston Harand, né le 10 février 1886 à Rouen (76), horloger. Elle a 35 ans et son fils en a 13. Les nouveaux mariés ouvrent une boutique d’« horlogerie – bijouterie – orfèvrerie – lunetterie – installation électrique – appareils de TSF -atelier de réparation » à Pavilly (76), étant domiciliés au 2, rue de Barentin (devenue rue des frères-Martin).

Maurice Dehoux devient également horloger, travaillant probablement avec son beau-père, qui, par ailleurs, exprime des idées de gauche.

Selon un rapport ultérieur du commissaire principal des renseignements généraux de Rouen, Maurice Dehoux est militant actif au sein du Parti communiste, se trouvant « à la tête de toutes les manifestations, meetings et réunions […] en somme, le chef du mouvement extrémiste de Pavilly […] son activité [ayant] attiré l’attention des autorités locales et du service de la gendarmerie de Pavilly. »

En 1938, « venant de Pavilly », Maurice Dehoux ouvre dans la Grande Rue (« rue principale » ?) de Bourg-Achard (Eure – 27), à côté d’un coiffeur, un atelier d’artisan bijoutier ; peut-être une “succursale” du magasin de son beau-père. Discret, il est peu connu de son voisinage. Célibataire, il a pour amie Antoinette Drevet, divorcée, alors institutrice à l’école maternelle du centre à Oissel (76) ; elle deviendra directrice de l’école Marcel Buquet de Rouen.

Après son installation professionnelle à Bourg-Achard, la police de l’Eure ne constate pas d’activité militante de sa part (ses voisins pas davantage). Son amie – depuis le printemps 1937 – évoquera des crises nerveuses l’obligeant à effectuer plusieurs séjours à l’hôpital psychiatrique des Quatres Mares, état de santé l’ayant obligé à prendre un logement en pleine campagne.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au « Clos fleuri » (nom d’un pavillon ?), au hameau du Buquet, par La Londe, sur la commune d’Elbeuf (76), faisant quotidiennement l’aller-retour à bicyclette pour se rendre à son travail (24 km aller) ; à Auschwitz, il se déclarera domicilié à Oissel.

Sous l’occupation, il se rend chaque semaine au magasin de sa mère, à Pavilly, pour y prendre des montres à réparer.

Sur le formulaire d’homologation dans la Résistance intérieure française, des résistants du Front national le déclareront « responsable aux planques ». À partir du 5 août 1940, contacté par André Petit et Léon Munier, du groupe Molé [?] du PCF clandestin, Maurice Dehoux devient agent de liaison, « chargé de l’hébergement et du ravitaillement de réfractaires planqués dans les communes de Bourg-Achard et de Bourgtheroulde, devenus par la suite maquis de Pont-Audemer, puis maquis Surcouf ». Cependant, s’il a participé à cacher des militants clandestins, il n’a pas pu aider des réfractaires au Service du travailobligatoire (STO) institué après son arrestation, par une loi du gouvernement de Vichy datée du 4 septembre 1942.

Le 4 août 1941, répondant à une note du préfet de Seine-Inférieure datée du 22 juillet, le commissaire principal de police spéciale de Rouen transmet à celui-ci une liste nominative de 159 militants et militantes communistes de son secteur dont il préconise de prononcer l’internement administratif dans un camp de séjour surveillé, tous anciens dirigeants ou militants convaincus ayant fait une propagande active et soupçonnés de poursuivre leur activité clandestinement et « par tous les moyens ». Parmi eux, Maurice Dehoux…

Le 20 octobre suivant à l’aube, Gaston Harand, son beau-père, est arrêté à son domicile par des gendarmes de la brigade de Pavilly, qui se contentent d’expliquer : « Ce sont les ordres ». Il est conduit à la caserne Hatry de Rouen où il est remis aux autorités d’occupation. Son arrestation à lieu au lendemain d’un sabotage ferroviaire organisé au lieu-dit Le Nouveau Monde, commune de Pavilly (« déboulonnage de rail »).

Deux jours plus tard, 22 octobre, c’est au tour de Maurice Dehoux d’être arrêté dans sa boutique par des gendarmes de la brigade de Bourg-Achard, sur ordre de la Feldkommandantur de Rouen. Ceux-ci le conduisent lui-aussi à la caserne Hatry de Rouen où il retrouve certainement son beau-père.