Maurice GUERRIER

Matricule 45633
decede
Photographie de Maurice GUERRIER
Maurice Guerrier © Sabrina Coudert-Jacob — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/05/guerrier-maurice/
Convoi 45000

Maurice Guerrier naît le 28 avril 1898 à Noyers-sur-Cher (Loir-et-Cher), fils de Jules Guerrier, 38 ans, vigneron, et de Léonie Marteau, son épouse, 28 ans.

Pendant un temps, Maurice Guerrier travaille comme cultivateur, puis comme épicier à la Maison Audesil (?).

La Première Guerre mondiale est déclenchée début août 1914. Le 3 mai 1917, Maurice Guerrier est incorporé comme soldat de 2e classe au 82e régiment d’infanterie afin d’y accomplir son service militaire. Le 7 octobre suivant, il passe au 7e R.I. qui part « aux armées ». Le 17 avril 1918, à Hangard (Somme), intoxiqué par les gaz de combat, il est évacué, mais rejoint le front trois mois plus tard. Le 18 juillet suivant, à la Ferté-Milon (Aisne), blessé par des balles lui occasionnant des éraflures au thorax et au talon gauche, il est de nouveau évacué. Il rejoint le front le 8 octobre. Le 13 février 1919, il sera cité à l’ordre de son régiment : « S’est distingué à Hangard, où il fut gravement blessé. A pris de nouveau part aux attaques de Port-à-Luison, le 19 juillet où il s’est vaillamment conduit » ; il reçoit la Croix de guerre avec étoile de bronze.

La Croix de guerre 1914-1918 avec étoile de bronze. © MV

Le 7 octobre 1919, il passe au 2e régiment de tirailleurs algériens et est envoyé pour huit mois en campagne au Maroc. Le 14 juin 1920, il est renvoyé dans ses foyers, titulaire d’un certificat de bonne conduite.

Le 10 février 1923 à Noyers, Maurice Guerrier se marie avec Marguerite Charret, née le 6 mars 1903 à Paris 8e. Ils auront deux enfants, un garçon et une fille, née vers 1933.

La caserne des Tourelles, boulevard Mortier, avant guerre. Partagée avec l’armée allemande au début de l’occupation, elle servit surtout à interner les « indésirables étrangers ». Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Dès le 18 juillet, il écrit au préfet de police pour demander sa mise en liberté, « vu que mon arrestation n’est pas justifiée. Je n’ai jamais milité dans aucun parti politique, ni distribué de tracts. La seule chose que l’on puisse me reprocher est d’avoir été syndicaliste, chose qui était courante sous le régime Front populaire. […] Mon internement ne peut provenir que d’une dénonciation anonyme et je vous demande de faire enquête à ce sujet. »

Un mois plus tard, son épouse peut lui rendre visite avec leurs enfants. Le 18 août, inquiète de son dépérissement, c’est elle qui s’adresse au préfet, protestant que son mari n’a jamais intégré le Comité de chômeurs de la commune.

Le 18 février 1942, elle écrit une seconde fois au préfet « pour le même motif » et s’étonnant de n’avoir « obtenu aucune réponse, ni reçu aucune visite d’inspecteurs de la police judiciaire (pour une contre-enquête) , surtout que presque tous les hommes qui ont été internés comme mon mari et à la même date ont eu satisfaction et ont été libérés ».

Le 5 mai 1942, Maurice Guerrier fait partie des 24 internés des Tourelles, pour la plupart anciens Brigadistes, que viennent « prendre des gendarmes allemands » afin de les conduire au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).