Maurice, Constant, Marcel, Guillot naît le 19 septembre 1899 à Morières [1] (Calvados – 14), limitrophe de Vendeuvre, fils de Constant Guillot, 41 ans, journalier, et de Claire, Élise, Renault, 35 ans, non mariés (il est le seul enfant né cette année-là dans la commune). Pendant un temps, il travaille comme ouvrier agricole.
Le 20 avril 1918, il est mobilisé au 36e régiment d’infanterie. Il est hospitalisé pour gale du 22 au 26 mai, puis du 30 juillet au 3 août. Le 15 novembre 1919, il passe au 28e régiment d’infanterie. Le 21 février 1920, il passe au 24e régiment d’infanterie, alors que cette unité est envoyée au Maroc « en guerre ». Maurice Guillot rentre en France le 11 février 1921. Le 9 avril suivant, il est « renvoyé dans ses foyers » et se retire à Petit-Couronne, « près de l’église », muni d’un certificat de bonne conduite.
En mars 1923, il est installé au 30, rue de la Chaussée, à Grand-Quevilly (Seine-Inférieure / Seine-Maritime [2] – 76), au sud-ouest de l’agglomération de Rouen, dans la boucle de la Seine. Il obtient le permis de conduire les motocyclettes. Pendant un temps, il est planton cycliste encaisseur (?).
Le 28 avril 1923, à Grand-Quevilly, il se marie avec Émilienne, Madeleine, Walbuq (ou Walberq). Ils auront trois enfants, âgés respectivement de 15 ans (peut-être s’agit-il de Mireille, dite Éliane, née le 21 janvier 1927), 12 ans et 8 ans en février 1942.
En mars 1929, ils habitent rue de l’Ouraille, à Saint-Ouen-de-Thouberville (Eure). En janvier 1936, ils demeurent à Rouen (?).
Au moment l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 8, rue de la Mare, à Grand-Quevilly.
Maurice Guillot est ouvrier métallurgiste, charpentier en fer aux Chantiers de Normandie de Grand-Quevilly (comme le mentionne Louis Eudier).
Adhérent de la CGT, c’est un communiste militant, proche de Marcel Ledret et d’Eugène Vauchel, dirigeants de la cellule d’entreprise des Chantiers de Normandie (n° 95).
Fin novembre 1938, il est licencié par son entreprise pour avoir participé au mouvement national de grève contre l’abandon des acquis du Front populaire. À partir de cette date, il est inscrit au Fonds de chômage, ses seules ressources étant l’allocation journalière reçue de cet organisme.
Après l’interdiction du parti communiste, il serait « chargé de la répartition des tracts à Grand-Quevilly centre », toujours en contact avec Ledret et Vauchel.
Le 9 septembre 1940, après que des tracts « (publications interdites) » aient été découverts dans les rue de sa circonscription, le commissaire de police de Grand-Quevilliy en informe le commissaire central de l’arrondissement de Rouen, en indiquant que « les auteurs présumés de cette propagande seraient les nommés » Fontaine Émile et Guillot Maurice, ajoutant qu’il a « avisé la brigade de gendarmerie de Petit-Quevilly, aux fins de surveillance à exercer en collaboration avec les agents de [son] service ».
Le 23 septembre, un inspecteur principal du commissariat de police spéciale transmet au commissaire central de Rouen les notices de militants communistes signalés par le commissaire de Grand-Quevilly : André Fontaine, Maurice Guillot, ainsi que les frères Adrien et Émile Fontaine (sans liens de parenté ?).