Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Maurice, Edmond, Eugène, Monrôty naît le 10 mars 1920 à Boulon (Calvados – 14), fils d’Henri Monrôty, 37 ans, et d’Augustine Joséphine Leroux, 33 ans. À sa naissance, Maurice a déjà une sœur, Henriette, née en 1915. Puis Denise naît en 1923, toutes deux à Boulon.
En août 1925, la famille est installée au 33, rue des Escalettes à Dives-sur-Mer (14). Le père travaille alors comme maçon, mais, en 1931, il sera ouvrier d’usine à l’« Électro », la Société générale d’électrométallurgie , fonderie de cuivre et autres alliages, unique industrie de la commune au bord de la Dives.
Dives-sur-Mer, l’usine entre la ville, Cabourg au loin et la mer. Carte postale, collection Mémoire Vive.
Jeannine naît en 1928 et Henri en 1932, tous deux à Dives.
Leur père décède à Dives le 16 mars 1933, âgé de 50 ans.
Jusqu’au moment de son arrestation, Maurice Monroty habite le domicile familial. En 1936, âgé de 16 ans, il est déjà ouvrier à l’« Électro ».
Le 2 mai 1942, Maurice Monroty est arrêté par la police française. Inscrit comme “communiste” sur une liste d’arrestations exigées par la Feldkommandantur 723 de Caen à la suite du deuxième déraillement d’un train de permissionnaires allemands à Moult-Argences (Airan) [1], il est amené à la Maison d’arrêt de Pont-l’Évêque.
Il est certainement parmi les détenus qui sont passés par le “petit lycée” de Caen avant d’être transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Ils y arrivent le lendemain, 5 mai, en soirée. Maurice Monroty y est enregistré sous le matricule 5241.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
