Maurice SCHARF

Matricule 46308
decede
Photographie de Maurice SCHARF
TransportAquarelle
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Moritz (Maurice) Scharf naît le 13 août 1909 à Cernuty (Roumanie), fils de Kalman Scharf et de Tile Rostholder, son épouse.

Il arrive en France en 1929.

Après des études à l’Institut de Chimie de Normandie, il devient ingénieur en génie civil.

Le 11 mars 1937, il est naturalisé français par décret. Le 10 avril suivant, à Caen, Maurice (Moritz) Scharf épouse Denise Rosa Jeanne Hermerel, née le 25 mai 1914 à Paris 17e, employée des Postes, une française catholique domiciliée avec sa mère – veuve d’un ingénieur mortellement blessé au combat en septembre 1914 -, au 67, rue de Geôle à Caen, et chez lesquelles il semble s’être installé. Les témoins sont une employée des Postes et Mandel Kronenfeld, alors commerçant, 7 rue de Vaucelles, au mariage duquel Maurice Scharf sera témoin à son tour un an plus tard.

Au moment de son arrestation, Maurice Scharf est domicilié au 41, impasse Écuyère à Caen (Calvados).

Le 27 février 1942, son nom figure sur une liste de 34 Juifs domiciliés dans la région du Calvados et de la Manche transmise par le SS-Hauptsturmführer Müller au SS-Obersturmführer Dannecker, à Paris. La note accompagnant cette liste précise qu’il est prévu d’arrêter 100 hommes juifs âgés entre 18 et 65 ans aux alentours de Caen afin de les interner, sans que la la date d’arrestation ni le camp d’internement ne soient mentionnés.

Dans la nuit du 1er au 2 mai 1942, Maurice Scharf est arrêté par la police française : il figure comme Juif sur une liste d’arrestations demandées par la Feldkommandantur 723 de Caen à la suite du déraillement de Moult-Argences (Airan) [1].

Au soir du 3 mai, il est détenu à la Maison centrale de la Maladrerie à Caen.

Caen, la maison centrale de la Maladrerie dans les années 1900. Carte postale, collection Mémoire Vive.

Le 4 mai, remis aux autorités d’occupation, il est emmené au “petit lycée” où sont rassemblés les otages du Calvados. Le soir même, il fait partie du groupe de détenus conduits à la gare de marchandises de Caen pour être transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Ils y arrivent le 5 mai, en soirée.

Entre fin avril et fin juin 1942, Maurice Scharf est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).