Omer PROUST

Matricule 46019
decede
Photographie de Omer PROUST
Omer Proust in © «Ivry fidèle à la classe ouvrière et à la France» — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2012/04/proust-omer-felix-marie/
Convoi 45000

© Archives municipales d’Ivry-sur-Seine.

Omer, Félix, Proust naît le 1er avril 1903 à Dampierre-sur-Brou (Eure-et-Loir – 28), chez ses parents, Emile Proust, 32 ans, maçon, et Marie Félicité Lesèque, 25 ans, son épouse, domiciliés au hameau du Chemin en cette commune. Les témoins pour la présentation du nouveau-né à l’état civil sont un sabotier et un ouvrier sabotier.

Le 29 septembre 1930, Omer Proust épouse Georgette Hallier à Rambouillet [1] (Yvelines – 78) où ils emménagent. Ils ont dix enfants : Yvonne (1930), Huguette (1931), Guy (1933), Denise (1934), Claude (1935), Bernard (1936), Claudine (1937) et Daniel (1940), nés à Rambouillet ; les deux dernières, Simone (1941) et Christiane (1942), naissent à Ivry-sur-Seine [2] (Val-de-Marne – 94).

C’est donc entre 1940 et 1941 que la famille vient habiter au 123, route stratégique (devenu le 134 rue Marcel-Hartmann).

Omer Proust est alors maçon et contremaître de chantier à la régie municipale d’Ivry, mais sans être employé communal (fonctionnaire territorial).

Il est connu comme militant communiste.

Le 28 avril 1942, il est arrêté lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine – avec le concours de la police française – et visant majoritairement des militants du Parti communiste. Ces arrestations visant généralement des personnes précédemment arrêtées par la police française puis relâchées, il est possible qu’ait existé, à l’encontre d’Omer Proust, une poursuite antérieure que nous ignorons. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager) .

Entre fin avril et fin juin, malgré sa nombreuse famille, Omer Proust est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée (suivant un ordre de Hitler) en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée d’occupation.

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Omer Proust est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 46019, selon les listes reconstituées (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.