Paulin COUTELAS

Matricule 45408
decede
Photographie de Paulin COUTELAS
Paulin Coutelas le 8 juillet 1942 — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2014/06/coutelas-paulin-louis/
Convoi 45000

Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne. Coll. Claudie Trocmé, fille de Paulin Coutelas. Droits réservés.

Paulin, Louis, Coutelas naît le 1 er novembre 1908 à Reuil (Marne), fils de Paulin Augustin Coutelas, 44 ans, couvreur en bâtiment (et fils de couvreur), et d’Aline Thibaut, 35 ans, son épouse. Paulin est le benjamin d’une famille de six enfants, tous nés à Reuil. D’un premier mariage, son père a eu Adolphe, né le 26 mai 1891, et Laure, née le 23 août 1893. Mais sa première épouse, Mélanie Martin, est décédée prématurément le 11 juillet 1899, âgée de 34 ans. Il s’est remarié à Mareuil-le-Port le 30 décembre 1899 et a eu quatre autres enfants : Mélanie, né le 11 décembre 1900, Gustave, né en 1903, Isidore, né en 1906, et Paulin. En 1911, la famille habite dans la Grande Rue de Reuil, et le père de famille est établi comme artisan couvreur-zingueur ; son fils Adolphe travaille lui aussi comme couvreur. En 1921, le père de famille emploie ses fils Gustave et Isidore comme ouvriers ; sa fille Mélanie étant employée de bureau à la Compagnie des Chemins de fer de l’Est.

En octobre 1925, Paulin Coutelas entre comme apprenti-menuisier à la Compagnie des Chemins de fer de l’Est.

Le 17 novembre 1930, après son service militaire, il est embauché définitivement à la Compagnie de l’Est.

Fin 1934, il vit avec son frère Isidore au 4, rue des Arquebusiers, à Paris 3e.

Le 16 décembre 1934, à 11h 15, à la mairie du 3e arrondissement, Paulin Coutelas se marie avec Hélène Henriette Marseille, née le 24 août 1914 à Rueil, fille de vignerons, travaillant comme “bonne”, domiciliée au 45, rue de Boulainvilliers (Paris 16e). Les témoins sont deux frères de Paulin : Gustave, plombier couvreur domicilié à Levallois-Perret, et Isidore. Cinq minutes plus tard, Paulin est à son tour le témoin de son frère pour le mariage de celui-ci avec une jeune femme de 23 ans, qui vit déjà à la même adresse qu’eux.

En 1937 et jusqu’au moment de son arrestation, Paulin Coutelas et Hélène sont domiciliés au 29, rue Paul-Cavaré à Rosny-sous-Bois (Seine / Seine-Saint-Denis – 93).

À gauche, entrée de la rue Paul-Cavaré (depuis la place N.-Copernic), longeant l’ancienne mairie (Espace culturel A.-Malraux). Aujourd’hui, le n° 29 correspond à l’immeuble de cinq étages. Carte postale “voyagée” en 1925. Collection Mémoire Vive.

À la déclaration de guerre (3 septembre 1939), Paulin Coutelas est « affecté spécial » à son poste de travail, ouvrier menuisier à la gare SNCF de Noisy-le-Sec (93), rue Arago, l’entreprise étant considéré comme “stratégique”.

Intérieur de la gare de Noisy-le-Sec. Carte postale oblitérée en 1907. Coll. Mémoire Vive.

Le 26 octobre 1940, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif, parmi 38 personnes visées ce jour-là dans le département de la Seine (dont 12 futurs “45000”). Selon la police, Paulin Coutelas « se livrait à une propagande acharnée parmi ses camarades de travail ». Le jour-même, il est interpellé et conduit au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Seine-et-Oise / Val-d’Oise), créé au début du mois dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt afin d’y enfermer des hommes connus de la police pour avoir été militants communistes et syndicalistes avant-guerre.

Le “sana” d’Aincourt transformé en camp. Tel qu’il est photographié, le pavillon Adrien Bonnefoy Sibour ne laisse pas entrevoir la grande forêt qui l’entoure et l’isole de la campagne environnante