Pierre, Jules, Duchemin naît le 11 avril 1920 à Paris 14e, chez ses parents, Léon Jules Duchemin, 33 ans, alors employé de commerce, et Suzanne Maria Guyot, 30 ans, son épouse, domiciliés au 117 rue de l’Ouest (l’immeuble ancien a disparu). Pierre a un frère Aîné, Jean, né en 1913, et un frère cadet, Robert, né en 1923, tous deux à Paris.
Le 20 mars 1925, à 8 heures, le père de famille, alors mécanicien, décède à la station de métro Dupleix, à Paris 15e (circonstances inconnues).
En 1926, la famille habite toujours au 117 rue de l’Ouest.
Au moment de son arrestation, Pierre Duchemin est domicilié au 53, rue Saint-Patrice à Bayeux (Calvados – 14).
Célibataire, il est marchand de cycles.
Dans la nuit du 1er au 2 mai 1942, il est arrêté à son domicile par la police française. Figurant comme “communiste” sur une liste d’arrestations demandées par la Felkommandantur 723 de Caen, à la suite du déraillement de Moult-Argences (Airan) [1], il est conduit à la gendarmerie de Bayeux avec 17 autres habitants de la ville (selon le Comité local de Libération).
La gendarmerie et la prison de Bayeux dans les années 1900, ancienne chapelle de la Charité. Carte postale, collection Mémoire Vive.
Le 4 mai, remis aux autorités d’occupation, il est conduit au “petit lycée” de Caen où sont rassemblés les otages du Calvados. Le soir même, il fait partie du groupe de détenus conduits à la gare de marchandise de Caen pour être transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Ils y arrivent le lendemain, 5 mai en soirée.
La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C, qui semblent avoir souvent servi au regroupement des internés sélectionnés pour la prochaine déportation. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).
Entre fin avril et fin juin 1942, Pierre Duchemin est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.