Pierre MONJAULT

Matricule 45909
decede
Portrait de Pierre MONJAULT
Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Pierre, Henri, Monjault naît le 24 juillet 1902 à Civray, au nord de Ruffec (Vienne), de Jean-Baptiste Monjault, 31 ans, jardinier, et de Camille Cailleau, 27 ans, son épouse. Il est le deuxième de quatre enfants (sa sœur aînée, Marcelle, naît en 1897). En 1901, la famille habite au 7, rue du Moulin Neuf.

Dès 9 ans, il est placé tout l’été comme garçon de courses et plongeur dans un restaurant voisin. À 10 ans, il doit quitter la maison familiale pour entrer comme domestique dans une ferme. Il ne va à l’école qu’en hiver. Réputé fort et courageux, il loue son travail au fermier le plus offrant. À 18 ans, il s’engage dans la Marine. Il débute comme élève infirmier, mais contracte une pneumonie qui dure six mois. Reprenant son service à Rochefort, il est breveté Maître d’hôtel.

Après son service militaire, il retourne à Civray et épouse Amandine, une jeune fille de la région (plus tard, manutentionnaire). Ils ont deux fils : Guy et Pierre (également !), né en 1927, qui deviendra imprimeur.

Sur les conseils d’un oncle, Pierre Monjault vient s’installer en région parisienne pour travailler comme maçon. Là aussi, très apprécié, il enchaîne les chantiers.

Le 15 avril 1924, il est embauché par la Ville de Paris. En suivant des cours, il devient chauffeur de machine à haute tension. Cette année-là, il adhère au Parti communiste.

Le 5 mars 1926, Pierre Monjault est révoqué pour son activité contre la guerre coloniale du Rif, au Maroc.

Dans la période 1926-1930, il est successivement maçon, chauffeur de chaudière, aide-ajusteur et receveur de tramway.

Pierre Monjault est réintégré à la Ville de Paris le 4 février 1930. Il travaille à l’usine de la Compagnie des eaux à Ivry-sur-Seine (Seine / Val-de-Marne – 94).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 288, rue Jean-Jaurès à Maisons-Alfort [1] (94), square Dufourmantelle, au 5e étage. Sur les listes électorales de février 1945, il est déclaré comme chauffeur.

Travailleur manuel et sportif, il se décrit « très musclé » à l’époque de son arrestation, malgré ses quarante ans.

Le 2 septembre 1939, à 14 h 30, en face du n° 4 avenue de la République à Maisons-Alfort, il traite de « salaud » un gardien de la paix qui emploie la force pour maitriser un individu et tente d’ameuter le public. Il présente ensuite des excuses.