Pierre PRIMEL

Matricule 46017
decede
Photographie de Pierre PRIMEL
Pierre et Marie Primel — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2016/05/primel-pierre/
Convoi 45000

© Yvette Porato et Marie-Christine Frare.

Pierre, Marie, Primel naît le 21 mars 1901 à Plourac’h (Côtes-d’Armor [1] – 22), fils de François Louis Primel, 27 ans, laboureur, et de Marie Denmat, son épouse, 26 ans, domiciliés au lieu-dit Pen-Vern, quartier du Menez ; pour l’inscription du nouveau-né à l’état civil, les témoins sont un instituteur et un facteur. Pierre a deux frères plus jeunes, Yves (né en 1903 ?) et François (né en 1905 ?).

En 1919, à la mairie de Brest, Pierre Primel, alors âgé de 18 ans, s’engage dans la marine pour trois ans. Le 22 septembre, il est incorporé au 2e dépôt de la Flotte comme matelot de 2e classe.

Affecté à l’escadre de Méditerranée, il sert du 13 février au 1er avril 1920 à bord du cuirassé Patrie, un bâtiment alors obsolète (armé en décembre 1906 à la Seyne-sur-Mer et démantelé en janvier 1928) qui fut engagé lors de la Première Guerre mondiale.

Toulon, carré du port, le Génie maritime et la darse. Carte postale oblitérée en octobre 1919. Collection Mémoire Vive.

Le cuirassé Patrie en rade de Villefranche-sur-Mer. Carte postale colorisée oblitérée en avril 1925. Coll. Mémoire Vive.

L’équipe de chauffeurs du Patrie fêtant Mardi-Gras. Pierre Primel est assis à gauche, le pied sur une grosse chaîne et tenant une masse. © Yvette Porato et Marie-Christine Frare.

Il est ensuite formé comme apprenti à l’école des mécaniciens-chauffeurs (de chaudière) de Toulon jusqu’au 24 août 1920 ; à l’époque, les bâtiments sont mus par des machines à vapeur au charbon. Il est breveté chauffeur le 1er octobre 1920, puis nommé quartier-maître le 1er juillet 1922. Le 16 août suivant avec sa permission de libérable, Pierre Primel quitte Toulon pour se rendre à Kerninec (?) en Bolazec par Scrignac, dans le Finistère mais à quelques kilomètres de Plourac’h.

À l’issue de son engagement, il obtient un emploi de journalier à l’usine du Gaz de Paris, 307 avenue du Président-Wilson à la Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis – 93), grâce à l’intervention du marquis Frédéric de Kerouartz, conseiller général du canton de Callac, député puis sénateur des Côtes-du-Nord, actionnaire de cette société (ce qui lui permet d’aider de nombreux Bretons à y trouver du travail). Pierre Primel intègre l’entreprise le 19 décembre 1923, y travaillant encore probablement auprès des chaudières.

Le 30 juillet 1924 à Saint-Denis [2] (93), Pierre Primel épouse Marie Philomène Le Guillou, née à Plourac’h le 21 janvier 1901, domiciliée à Callac. Un an plus tard, le 1er mai 1925, à Saint-Denis, naît leur fille Yvette, laquelle a pour parrain son oncle Yves Primel.

Au moment de son arrestation, Pierre Primel est domicilié avec sa famille au rez-de-chaussée du 5 de la rue Riant. Nostalgique de son enfance à la campagne, il loue un petit jardin ouvrier au Fort de l’Est à Saint-Denis où il cultive des légumes.

Tous les mois de juillet, la famille passe les vacances au bord de la mer à à Étables-sur-Mer (Côtes-d’Armor). Passionné de photographie, Pierre Primel ne se sépare jamais de son appareil.