Pierre Raunier. © Collection Pierre…
Pierre, Joseph, Raunier naît le 7 novembre 1920 à Pouru-Saint-Remy (Ardennes), fils de Joseph Raunier, 22 ans, natif de l’Hérault, employé de chemin de fer, et de Louise Metens, 25 ans, son épouse.
En janvier 1942, la famille déménage pour un petit pavillon au 3, rue Jean-Dormoy, toujours à Ivry, à proximité de la gare de triage et de ses ateliers.
Le 28 avril, Pierre Raunier est arrêté à son domicile – « par deux Français » (! ?) – lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine et visant majoritairement des militants du Parti communiste clandestin. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C, qui semblent avoir souvent servi au regroupement des internés sélectionnés pour la prochaine déportation. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).
Un mois après son arrestation, Pierre Raunier envoie une carte depuis Compiègne dans laquelle il demande des vêtements chauds pour aller travailler dans un camp. Quand son père vient les lui apporter, il est déjà parti.
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet, Pierre Raunier est enregistré au camp souche d’Auschwitz ( Auschwitz-I ) sous le numéro 46034 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).
Portail de l’entrée principale d’Auschwitz-I , le “camp souche” : « Arbeit macht frei » ( le travail rend libre ). Carte postale. Collection mémoire Vive. Photo : Stanislas Mucha.
Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.