Pierre VOILLEMIN

Matricule 46200
inconnu
Photographie de Pierre VOILLEMIN
TransportAquarelle
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Pierre, Marcel, Voillemin naît le 16 décembre 1918 à Troyes (Haute-Marne – 52), fils de Marius Voillemin, 32 ans, stucateur, et de Jeanne Devilliers, son épouse, 28 ans.

Marius Voillemin, qui avait effectué son service militaire en 1908, a été rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale du 1er août 1914, et a rejoint deux jours plus tard le régiment régional d’infanterie de Troyes-Toul.

Le 7 juillet 1915, alors qu’il était soldat de 2e classe à la 23e section d’infirmiers militaires, Marius Voillemin, s’est fait représenter par un négociant en vin de 49 ans pour épouser par procuration Jeanne Devilliers à la mairie de Joinville ; mariage qui a été l’occasion de légitimer Madeleine Jeanne Juliette Voillemin, née le 6 octobre 1912, et Robert Voillemin, né le 26 mai 1914, tous deux à Bar-sur-Seine (Aube), où vivaient alors leurs parents.

Le 28 juillet 1916, Marius Voillemin a été admis dans un hôpital d’évacuation pour sciatique. Le 12 septembre suivant, il est sorti à l’hôpital auxiliaire de Dax, dans le grand hôtel et établissement thermal des Baignots. Le 11 décembre, il a été évacué sur le centre de réforme de Bayonne et en est sorti deux jours plus tard avec un congé de convalescence de 10 jours (?).

Le 17 septembre 1917, il était passé à la 18e section d’infirmiers. Le lendemain, il a été classé “service auxiliaire” par la commission de réforme de Troyes pour « sciatique chronique et faiblesse générale, inapte à faire campagne ». Le 24 janvier 1918, il a été admis à l’hôpital complémentaire 1128 à Troyes, pour diphtérie en service commandé, et en est sorti quelques jours plus tard pour rejoindre l’hôpital complémentaire de Troyes n° 27, centre spécial de réforme, pour « sciatique jambe droite, faiblesse générale ». Lui et son épouse ont très probablement pu se retrouver dans cette période… Le 6 juillet suivant, la commission de réforme de Troyes le déclare apte au service armé. Début septembre, il rejoint un groupe de brancardiers divisionnaires au sein de la 10e Armée.

Le 9 juin 1919, Marius Voillemin est mis en congé illimité de démobilisation et se retire rue des Tilleuls à Joinville.

Dans les dix années suivantes, comme réserviste, il déclare habiter en plusieurs endroits successifs : en mai 1920, à Rembercourt-aux-Pots (Meuse – 55), en octobre suivant à Vavincourt (55), en août 1921 à Roye-sur-Matz (Oise), début octobre de la même année au hameau de Reigny à Vermenton (Yonne), en juin 1924 à l’entreprise des Beaux-Arts à Courdemanche (Marne – 51), et en décembre 1925 à Chézy-en-Orxois (Aisne) où son troisième fils, Jean – frère de Pierre – naît cette même année. Fin octobre 1927, Marius Voillemin déclare habiter de nouveau à Courdemanche (51).

En 1929, il a emménagé avec sa famille à Joinville (52), année où naît son quatrième fils, Marcel. En 1931, la famille habite rue des Ursulines.

En 1936, la famille est domiciliée au 2 bis, rue des Ursulines. Marius Voillemin, le père, est alors tailleur de pierre chez un entrepreneur de maçonnerie de la rue du Poncelet. Pierre Voillemin, 17 ans, est employé chez un marchand de journaux.

Au moment de son arrestation, le jeune homme habite encore chez ses parents et est déclaré comme employé de commerce.

Le 23 juin 1941, Pierre Voillemin est arrêté à Joinville avec son père, Marius, parmi une soixantaine de militants communistes et syndicalistes interpellés en quelques jours dans la Haute-Marne [1] (dont 15 futurs “45000”), puis rassemblés à la prison de Chaumont (52).