Raoul GAILLANNE

Matricule 45564
decede
Photographie de Raoul GAILLANNE
Raoul Gaillanne en uniforme de pompier © Service de documentation de Gentilly — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2015/07/gaillanne-raoul-victor-louis/
Convoi 45000

Raoul, Victor, Louis, Gaillanne naît le 21 novembre 1909 à Saint-Ouen [1] (Seine / Seine-Saint-Denis), fils de Gustave, Marie, Gaillanne, employé au Chemin de Fer, et de Marie-Amélie Debiais. Il a un frère, Lucien.

Raoul Gaillanne est marié à Marguerite Sergant (ou Sergent ?).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 1, rue Rabelais à Saint-Ouen.

En décembre 1937, Raoul Gaillanne est embauché comme ajusteur aux établissements Sanders, rue Benoît-Malon à Gentilly [1] (Seine / Val-de-Marne – 94) ; usine qui fabrique des caisses enregistreuses sous licence américaine.

Gentilly. La station de la « ligne de Sceaux » (R.E.R. ligne B).. L’usine Sanders occupait le bâtiment visible à droite et qui existe encore aujourd’hui (2023). La fille de Marceau Baudu se souvient que son père lui faisait parfois signe par une lucarne quand elle prenait le train pour Paris sur le quai situé à gauche en contrebas. Carte postale oblitérée en 1935. Collection Mémoire Vive

Pendant l’occupation, cette entreprise – filiale d’un groupe franco-allemand (La Nationale Groupe) – travaille en partie pour la production de guerre de l’occupant (fabrication de compteurs).

Malgré les premières exécutions massives d’otages d’octobre 1941 – parmi lesquels nombre de militants ouvriers – le noyau syndical clandestin de l’usine poursuit la résistance sous sa forme revendicative.

Le 9 février 1942, plusieurs militants déclenchent un arrêt de travail pour protester contre le rejet du cahier de revendications qu’ils ont fait déposer par le délégué officiel du personnel quelques jours plus tôt. Ce mouvement ne dure qu’un quart d’heure. Mais le directeur et son adjoint décident de prévenir le commissariat de police de secteur, implanté à Gentilly, et dressent une liste de treize meneurs supposés.

Alertée, c’est la première section des Renseignements généraux (RG) qui prend en charge la répression et procède aux arrestations à l’aube du 11 février. Deux militants, chez qui ont été trouvés divers documents liés à leur activité militante avant l’occupation, seront interrogés le lendemain par l’inspecteur David, puis jugés, condamnés et passeront le reste de la guerre en prison et en camp (échappant ainsi paradoxalement à la mort).

Deux autres sont libérés parce qu’inconnus jusque-là des RG.

Suspects d’infraction au décret du 18 novembre 1939, les neuf restants sont écroués à 19h45 au dépôt de la préfecture de police comme “consignés administratifs”. Après y être restés deux mois, ils sont transférés le matin du 16 avril au “centre de séjour surveillé” (CSS) de Voves (Eure-et-Loir). Parmi eux, Georges Abramovici, un militant très actif, est d’abord considéré comme Juif et sera envoyé au camp de Drancy le 20 octobre, puis déporté dans un convoi du génocide le 4 novembre 1942 (transport n° 40, dont un tiers seulement des détenus entre dans le camp).

Raoul Gaillanne est arrêté à son domicile ou à l’usine le matin du 11 février et conduit à la préfecture de police de Paris pour interrogatoire. À Voves, il est enregistré sous le matricule n° 92.