Raoul PLATIAU

Matricule 45991
decede
Photo non trouvée pour Raoul PLATIAU
Image de remplacement. Photographie de Raoul PLATIAU non retrouvée dans les sources consultées.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Raoul, Alexandre, Rupert naît le 8 octobre 1917 à Paris 13e, fils de Jeanne Rupert, 19 ans, couturière, domiciliée au 34, avenue Carnot à Paris 17e et qui accouche au 177, boulevard de la gare (bd Vincent-Auriol). La déclaration du nouveau-né à l’état-civil est faite par une sage-femme, les deux témoins étant une autre sage-femme et la concierge de l’immeuble. Le 20 octobre suivant, l’enfant est reconnu à la mairie du 17e arrondissement par sa mère et Paul Platiau – dont il prend le nom -, puis légitimé par ses deux parents le 25 avril 1918 à la mairie d’Asnières (Seine / Hauts-de-Seine – 92) ; mariage ?

Pendant un temps, travaillant comme employé de bureau, Raoul Platiau habite au 5, boulevard Aristide-Briand, à Suresnes [1] (92), probablement chez ses parents.

Le 25 avril 1936, à Suresnes, il se marie avec Françoise Marguerite Lamiral, née le 4 février 1915 à Choisy-le-Roi (Seine / Val-de-Marne), dactylo, domiciliée au 17, rue des Épinettes, à Paris 17e. Ils auront un fils, Claude, né le 4 mai 1937, à Paris 14e.

À partir du 1er mars 1938, la famille est domiciliée au 27, avenue Jean-Jaurès, dans la cité-jardin de Suresnes.

En juin 1937, Raoul Platiau a adhéré au Parti communiste. La police le considère comme un « militant révolutionnaire très actif ».

Entre septembre 1939 et juin 1940, il est mobilisé au 101e régiment d’infanterie. Fait prisonnier en juin 1940 à Nemours (Seine-et-Marne), il s’évade – probablement avant le transfert en Allemagne – et revient à Suresnes.

Pendant un temps, il travaille comme chauffeur-livreur aux Établissements Philippe et Meunier, sis au 23, rue Tronchet à Paris (quartier de la Madeleine).

Entré en contact avec le Parti communiste clandestin, il distribue des tracts, colle des affiches et des “papillons”.

Le 2 octobre 1940, vers 18 heures, Raoul Platiau est arrêté chez lui par deux policiers en civil du commissariat de la circonscription de Puteaux pour une distribution de tracts effectuée sur le marché de Suresnes le 25 août précédent – « s uite à l’affaire Dubrullé, Cazaud, Pages, Ott, Giraus, Quinton, Birand, Bécue … » (probablement dénoncé). La perquisition effectuée simultanément à son domicile n’amène la découverte d’aucune preuve de son activité. Raoul Platiau est conduit au commissariat avec ses camarades Émile Bouchacourt, René Jodon (qui seront déportés avec lui) et trois autres militants dont Paul Couprie [2]. Selon des déclarations faites ultérieurement à son épouse, Raoul Platiau est alors violemment frappé lors de son interrogatoire par un inspecteur, le commissaire et deux autres policiers du commissariat de Puteaux, au point de s’évanouir. Le 5 octobre, les six hommes sont conduits au dépôt de la préfecture de police. Trois jours plus tard, inculpés d’infraction au décret du 26 septembre 1939, ils sont écroués à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e).

Le 14 janvier 1941, la 12e chambre du tribunal correctionnel de la Seine condamne à six mois d’emprisonnement Platiau, Bouchacourt, Couprie et Jodon, qui font appel de la sentence.

À l’expiration de sa peine, le 19 février, Raoul Platiau n’est pas libéré, mais ramené dans les bureaux de la préfecture de police où il reste une journée avant d’être conduit au dépôt. Le lendemain, le préfet de police signe l’arrêté ordonnant son internement administratif, en application du décret du 18 novembre 1939.