Auschwitz, le 8 juillet 1942. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oswiecim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.
Raymond, Henri, Baudry naît le 26 janvier 1893 à Louvetot (Seine-Inférieure / Seine-Maritime [1] – 76), chez son grand-père, Stanislas Baudry, terrassier ; il est le fils naturel d’Angélique-Egésipe, Baudry, 20 ans, célibataire, couturière. Les témoins de la déclaration en mairie sont ses oncles, Stanislas Baudry, 27 ans, et Félix Baudry, 23 ans, tous deux bûcherons. Le 26 mai 1902, à la mairie de Louvetot, Angélique Baudry, 29 ans, alors couturière, se marie avec Albert Gaston Delaroque, 24 ans, “journalier”. Alors qu’il devait effectuer son service militaire en 1898, le conseil de révision avait exempté Albert Delaroque pour hyperhidrose (sécrétion excessive de sueur). Le couple aura cinq enfants : Gaston, né en 1903, Suzanne, née en 1905, Marthe, née en 1907, Raymonde, née en 1910 et Charlotte, née en 1912.
En 1906, Raymond Baudry, alors âgé de 13 ans, ne vit pas dans la famille de sa mère (avec ses demi-frère et sœur, Gaston et Suzanne), mais chez ses grands-parents, Stanislas (67 ans) et Marie (65 ans), qui hébergent toujours son oncle Félix (33 ans), terrassier lui aussi.
Pendant un temps, Raymond Baudry travaille comme boulanger.
Le 12 septembre 1912, son grand-père Stanislas, déclaré comme bûcheron, décède à son domicile, âgé de 73 ans.
De la classe 1913, le conseil de révision classe Raymond Baudry comme “soutien indispensable de famille” le 20 octobre de cette année. Cependant, le 27 novembre, il est incorporé au 75e régiment d’infanterie. Le 2 août 1914, jour de mobilisation générale, il part “aux armées”. Le 11 février 1915, il passe au 24e R.I. Du 19 avril au 6 mai 1916, il est évacué dans un service d’ambulance. Le 1er juin 1916, il est fait prisonnier par l’armée allemande à Verdun. Le 15 décembre 1918, il est rapatrié en France. Le 3 septembre 1919, il est mis en congé illimité de démobilisation.
En application du décret du 9 septembre 1914, Albert Delaroque, l’époux de sa mère, 36 ans, a été reconnu “bon pour le service armé” (matricule n° 2909 au recrutement du Havre). Appelé comme au soldat de 2e classe au 4e régiment de zouaves, il a rejoint cette unité le 21 mars 1915. Puis, il est passé au 9e régiment de marche de zouaves (9e RMZ), premier bataillon du capitaine Sciard, 4e compagnie. Lors de la deuxième bataille de l’Artois, après que son unité, placée “en soutien” dans des tranchées sous Neuville-Saint-Vaast au nord d’Arras (Pas-de Calais), ait subit de forts bombardements au début du mois, il a été déclaré tué à l’ennemi le 12 juillet 1915.
En novembre 1919, Raymond Baudry est domicilié dans le quartier de l’église, à Louvetot. Il n’y habite plus en 1921 (?).
En juin 1923, l’armée le classe “affecté spécial” comme employé à la Société industrielle de Caudebec-en-Caux. En mars 1928, il est rayé de cette affectation après avoir quitté l’usine.
Le 6 janvier 1933, à Lillebonne (76), commune industrielle entre Rouen et Le Havre, il se marie avec Louise Marguerite Berthe Nicolle, 55 ans, tisserande au chômage, qui a au moins deux fils d’une précédente union : Roland Bonneville, né en 1922 à Lillebonne, et son frère Jean, né en 1925.
En août 1933 et jusqu’au moment de son arrestation, il est domicilié au 92, rue Fontaine-Bruyère (qui prendra le nom de rue de la Libération) à Lillebonne (76), entre Rouen et Le Havre.
Raymond Baudry est ouvrier de la chimie (pétrole) à Notre-Dame-de-Gravenchon, commune voisine, dans une des deux raffineries implantées sur trois kilomètres le long de la Seine à Port-Jérôme, circonscription du Port de Rouen. En décembre 1935, l’armée le classe affecté spécial comme poseur de voies à la Standard franco-américaine de raffinage (Standard Oil/Esso).