Raymond Mouret naît le 4 janvier 1910 à Rouen (Seine-Inférieure / Seine-Maritime [1] – 76), fils de Lucien Mouret et de Joséphine Demarest, son épouse.
À une date restant à préciser, il se marie avec Madeleine Prunier. Ils auront une fille.
Au moment de son arrestation, Raymond Mouret est domicilié au 13 bis, rue Sainte-Geneviève-du-Mont, à Rouen (un autre document indique le 16, rue du Carrefour).
Pendant trois ans, il est employé de bureau aux Assurances sociales, selon la police.
Il est secrétaire et/ou trésorier de la section rouennaise de l’Association des Amis de l’URSS, comme son beau-frère, Raoul Mary.
Après le décret-loi du 26 septembre 1939, interdisant toute activité et propagande communiste, et dissolvant les organisations assimilées au PC, son domicile est perquisitionné par la police (selon une brève notice établie le 4 novembre).
Le 21 juin 1941, Raymond Mouret est arrêté en même temps que Raoul Mary, comme militant communiste, probablement dans le cadre des arrestations préventives organisées par les autorités allemandes au début de l’invasion de l’Union Soviétique [2]. À une date restant à préciser, il est finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne [3] (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
Le camp vu depuis le mirador central. Les “politiques français” étaient dans le secteur constitué par la ligne de bâtiments de gauche (“camp communiste”) Photo Hutin, Compiègne, carte postale. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande, en application d’un ordre de Hitler.
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, Raymond Mouret est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45911, selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).