René BESSE

Matricule 45240
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Photographie de René BESSE
René Besse dans le même atelier en 1946 — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2012/08/besse-rene/
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René, Louis, Besse naît le 14 mai 1923 à Créteil [1] (Seine / Val-de-Marne), fils de Louis Besse, maçon, et de Louise Madranges, son épouse, tous deux venus de Corrèze où leurs parents sont de petits agriculteurs. René voit le jour dans la maison que son père est en train d’achever sur un terrain acheté en commun par sa mère et sa tante, au 42-42 bis, rue Louise à Créteil, à proximité de la Marne, vers le quai du Rancy.

Vers cette époque, son père se met à son compte comme artisan, d’abord en association avec son beau-frère, puis tout seul. Sa mère travaille chez un fabricant de crayons, Marquise .

En 1936, à treize ans, René Besse commence à travailler. Il est imprimeur taille-doucier à la Société des procédés Serge Beaune (SPSB), avenue de Verdun, à Créteil.

Sportif, il est membre de l’équipe de football de l’Union sportive de cette ville (FSGT).

Son père, auquel il lit L’Humanité Dimanche , est militant syndical. Deux de ses cousins influencent son engagement politique : Jean Vial et François Vigigniac, lequel part combattre en Espagne dans les brigades internationales.

À 15 ans et demi, dans la foulée de la victoire du Front populaire – il a versé sa tirelire comme soutien financier aux ouvriers grévistes -, René Besse adhère aux Jeunesses communistes. Membre du bureau de la JC de Créteil, il milite avec les jeunes Hervy (24 ans en 1939), Le Bihan (18 ans), Mapataud (17 ans) et Méniel (18 ans), de Créteil. Il fréquente aussi des militants plus âgés : Guy Camus, et également Alexandre Guillou, de Bonneuil (94).

Sous l’occupation, il imprime des tracts sur une ronéo dissimulée dans un local situé dans la rue où il habite.

Le 27 octobre 1940, son cousin Jean Vial, responsable fédéral du Parti communiste, échappe à une arrestation et vient le trouver pour lui demander de le remplacer sur une mission. Dans la nuit du 1er au 2 novembre (ou la veille…), lors d’un collage d’affiches à quatre heures du matin, rue de Brie, René Besse est surpris par des gendarmes de la brigade de Créteil avec son partenaire Paul Hervy. Quand ils veulent s’enfuir, la chaîne du vélo de celui-ci casse et P. Hervy est arrêté puis conduit au commissariat de Créteil, où les policiers veulent lui faire avouer qui est son complice. Pendant quatre heures, celui-ci résiste sous les coups, puis, estimant que René Besse a pu mettre ce temps à profit pour se mettre en sécurité, il parle. Le jeune René Besse – n’ayant pas su quelle conduite adopter – est arrêté le même jour à 10 heures sur son lieu de travail. Il est emmené à la Maison d’arrêt de la Santé, à Paris, puis à la section des mineurs de Fresnes [1] (94) où il fait la connaissance de Guy Môquet. Sous l’impulsion de celui-ci, ils lancent un vacarme dans la prison pour obtenir de pouvoir se doucher.

L’établissement pénitentiaire de Fresnes après guerre. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le mardi 9 janvier 1941, René Besse comparaît avec Paul Hervy et René Lemoine, 18 ans, devant la 15e chambre du Tribunal correctionnel de la Seine. Alors que Paul Hervy est condamné à huit mois d’emprisonnement et Lemoine à 6 mois, René Besse est « rendu à sa famille en liberté surveillée » au bénéfice de l’âge. Il est assigné à Créteil avec un tuteur qui sera lui-même arrêté comme juif. L’imprimerie où il travaillait ayant fermé, il est embauché dans une entreprise de ferraillage. Après la fusillade de Châteaubriant, le 22 octobre – et à la demande de l’épouse du maire de Bonneuil [1] (94), Henri Arlès, alors déchu – il organise des collectes pour soutenir financièrement la Résistance en distribuant des photos de Guy Môquet.

Le 28 avril 1942, il est arrêté au domicile de ses parents par la gendarmerie allemande, appuyée par la police française – lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine et visant majoritairement des militants du Parti communiste. Avec d’autres, il est conduit en camion d’abord à la mairie du 12e arrondissement, puis dans un vélodrome utilisé comme centre de regroupement (le Vel’D’Hiv ?). De là, les otages sont rapidement amenés en autobus à la gare du Nord pour être conduits en train au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C, qui semblent avoir souvent servi au regroupement des internés sélectionnés pour la prochaine déportation. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).