René BLIN

Matricule 45258
decede
Photographie de René BLIN
René Blin le 8 juillet 1942 — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/06/blin-rene-marcel/
Convoi 45000

René, Marcel, Eugène, Blin naît le 23 janvier 1907 à Caen (Calvados – 14), chez ses parents, Eugène Blin, 27 ans, journalier, et Rachel Dujardin, 21 ans, couturière, domiciliés au 46 rue des Chanoines.

Son père – qui a été exempté de service militaire pour perte de vision de l’œil droit – n’est pas mobilisé au cours de la Première Guerre mondiale. Ses deux parents décèdent prématurément ; son père, âgé de 40 ans, au domicile familial, 30 rue de Geôle, le 20 janvier 1920 ; sa mère, âgée de 39 ans, le 30 octobre 1925, à l’hôpital Clémenceau, rue ou route de Ouistreham.

Le 16 janvier 1931, à la mairie de Caen, René Blin – alors domicilié au 18 rue Saint-Pierre – se marie avec Fernande Mutrel, née le 1er avril 1912 à Caen, journalière, vivant jusque-là avec sa mère veuve.

René et Fernande ont deux filles : Ginette, née le 17 mai 1933, et Denise, née le 10 janvier 1935.

René Blin est chauffeur de chaudière à l’usine thermique de l’hôpital Clémenceau (Hospices Civils de Caen), rue de la Masse ; il est délégué du personnel.

Entrée de l’hôpital de Caen dans les années 1930. Carte postale, coll. Mémoire Vive.

Créateur du syndicat CGT des Hospitaliers de Caen, René Blin en devient le secrétaire à partir de 1936. Il est membre de la Commission Exécutive de l’Union Départementale des syndicats CGT du Calvados.

Au moment de son arrestation, René Blin est domicilié au 69, rue du Vaugueux.

Le matin du 2 mai 1942, son épouse vient l’avertir sur son lieu de travail qu’il est recherché par « la Gestapo », mais il décide de rester à son poste. Il est arrêté par « les Allemands » (?). Figurant comme “communiste” sur une liste d’arrestations demandées par la Feldkommandantur 723 de Caen à la suite du déraillement de Moult-Argences (Airan) [1], il est conduit au commissariat central de Caen, rue Auber.

Le 3 mai, remis aux autorités d’occupation, il est au “petit lycée” où sont rassemblés les otages du Calvados.

Le 4 mai au soir, il fait partie du groupe de détenus conduits à la gare de marchandises de Caen pour être transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Ils y arrivent le lendemain, 5 mai en soirée.

La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C, qui semblent avoir souvent servi au regroupement des internés sélectionnés pour la prochaine déportation. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).