Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
René Lucien Prigent naît le 12 février 1903 au Havre (Seine-Inférieure / Seine-Maritime [1] – 76), chez ses parents, Guillaume Prigent, 43 ans, gréeur, et Anne Marie Augustine Quéméner, 26 ans, son épouse, domiciliés au 15 rue Dauphine. Henri Quéméner, 26 ans, journalier, est le deuxième témoin lors de l’inscription à l’état civil.
Au moment de son arrestation, René Prigent est toujours domicilié au Havre, son adresse restant à préciser.
Il est docker.
À une date restant à préciser, il est arrêté comme otage et finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne [2] (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
Le camp militaire de Royallieu en 1956. Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : le « camp des communistes ». En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande, en application d’un ordre de Hitler.
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, René Prigent est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 46016, selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).
Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.
© Mémoire Vive 2017.