René RICHARD

Matricule 46054
decede
Photographie de René RICHARD
René Richard à Auschwit z, Photo très abîmée au tirage. — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2012/01/richard-rene-joseph/
Convoi 45000

René, Joseph, RICHARD naît le 24 juillet 1906 à Saint-Didier-d’Allier (Haute-Loire), chez ses parents, Joseph Richard, 35 ans, cultivateur, et Marie Léonie Coubladou, 37 ans, son épouse, native de la commune. Les témoins pour l’enregistrement du nouveau-né à l’état civil sont deux autres agriculteurs.

En 1926, René Richard, inscrit au bureau de recrutement d’Alençon (Orne), effectue son service militaire.

Il est célibataire.

Il est soudeur à l’arc. Pendant un temps, il travaille à la “maison” Vigor, rue Anatole-France à Levallois-Perret [1] (Seine / Hauts-de-Seine). Le 13 octobre 1938, il entre aux établissements Monthéry et Gaillardet, 16 rue des Petites-Murailles à Gennevilliers (92).

Adhérent au Parti communiste, il devient trésorier de la cellule 720 bis de la section de Gennevilliers de la région Paris-Nord.

Le 10 septembre 1939, mobilisé, il est incorporé au 271e régiment d’infanterie stationné au Mans (Sarthe). Deux mois plus tard, le 17 novembre, il est classé affecté spécial dans l’entreprise où il travaillait. Au début juin 1940, il suit son usine évacuée en province. Il est réembauché le 3 septembre.

Pendant un temps, il vit chez Germaine B., concierge au 47, rue d’Angoulême à Paris 11e.

À partir du 2 octobre 1940 et jusqu’au moment de son arrestation, il habite une chambre d’hôtel au 61, boulevard circulaire d’Épinay à Gennevilliers (nom originel du boulevard Camélinat, alors débaptisé).

Peut-être s’est-il disputé avec sa compagne, car la police judiciaire l’appréhende le 8 octobre en raison d’une valise « abandonnée » chez elle et contenant : dix tracts communistes, vingt-cinq brochures de tracts de propagande (sic), onze cartes d’adhésion à l’ex-PC portant divers noms, un dossier de la cellule 720 bis, un paquet de journaux L’Humanité et Regards , une carte d’électeur au nom de Raymond Antoine, deux matraques, un revolver à barillet de 6 mm et dix cartouches. Il est néanmoins remis en liberté provisoire.

Dix mois plus tard, un employé de l’entreprise où il travaille de dénonce à la police française : « Paris 21 juillet 1941 Monsieur le Préfet de Police Veuillez excuser mon anonymat, mais nous avons dans notre entourage deux personnes qui sont communistes jusqu’au bout des ongles. Ils ne parlent pas beaucoup, mais je souhaiterais que vous entendiez une de leur conversations, vous seriez édifié. Il s’agit de René Richard, qui travaille avec nous chez Montery [sic] , 16 rue des Petites-Murailles à Gennevilliers, et Émile Natioux [ou Matioux] , rue Émile-Mareuil [?] à Gennevilliers. Vous pouvez les faire suivre de près et vous serez convaincu. Je vous pris de croire, Monsieur le Préfet, à mon profond respect, et, encore une fois, excusez mon anonymat. Le guetteur »

Début août, les autorités d’occupation opèrent au domicile de René Richard une perquisition qui ne donne aucun résultat.

Le 4 novembre, une nouvelle « visite domiciliaire » par la brigade spéciale anticommuniste des renseignements généraux (RG) de la préfecture de police se révèle également infructueuse. Cependant, les inspecteurs soupçonnent René Richard de mener une activité clandestine « sournoise » par propagande verbale, notamment en direction des jeunes ouvriers. Le 7 novembre, le directeur des RG décide de son envoi en camp.