René SALÉ

Matricule 46090
decede
Photographie de René SALÉ
René Salé, service information mairie de Gentilly — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2015/07/sale-rene-maxime/
Convoi 45000

René, Maxime, Salé naît le 11 juillet 1917 à Wissous [1] (Seine-et-Oise / Essonne), fils de Maxime Germain Augustin Salé, 28 ans, charretier (puis chauffeur de taxi), et de Léa Eugénie Gallier, 20 ans, couturière, son épouse, domiciliés au 8 rue Neuve. Après René, naissent trois autres garçons : Germain, en 1919, Robert, en 1923, et Roger, en 1928.

En 1929, la famille habite au 6 boulevard Brune (Paris 14e).

Le 26 février 1934, René Salé – âgé de 16 ans 1/2 – est embauché comme monteur-ajusteur aux établissements Sanders, au 48-50, rue Benoît-Malon à Gentilly [2] (Seine / Val-de-Marne) ; usine qui fabrique des « machines comptables » (caisses enregistreuses) sous licence américaine.

Gentilly. La station de la « ligne de Sceaux » (R.E.R. ligne B). L’usine Sanders occupait le bâtiment visible à droite et qui existe encore aujourd’hui (2023). La fille de Marceau Baudu se souvient que son père lui faisait parfois signe par une lucarne quand elle prenait le train pour Paris sur le quai situé à gauche en contrebas. Carte postale oblitérée en 1935. Collection Mémoire Vive

La section syndicale CGT Sanders réunie à Paris, fin des années 1930. Parmi eux, plusieurs futurs déportés : Georges Abramovici, Joseph Daniel, Marceau Baudu, René Salé, Francis Joly… Collection Jacqueline Lefebvre. Droits réservés.

Conscrit de la classe 1938, il est matelot de 1re classe lorsqu’il est démobilisé le 21 septembre 1940.

Le 17 mai 1941, René Salé épouse Marguerite Coquelin, née le 25 février 1920 à Gentilly, ouvrière, domiciliée au 4, avenue de la République à Gentilly (devant l’église). Il vient habiter chez elle.

Sous l’occupation, l’usine Sanders – filiale d’un groupe franco-allemand ( La Nationale Groupe ) – travaille en partie pour la production de guerre de l’occupant (fabrication de compteurs).

Malgré les premières exécutions massives d’otages d’octobre 1941 – parmi lesquels nombre de militants ouvriers – le noyau clandestin de l’usine poursuit la résistance sous sa forme syndicale.

Le 9 février 1942, plusieurs militants déclenchent un arrêt de travail pour protester contre le rejet du cahier de revendications qu’ils ont fait déposer par le délégué officiel du personnel quelques jours plus tôt. Ce mouvement ne dure qu’un quart d’heure. Mais le directeur et son adjoint décident de prévenir le commissariat de police de la circonscription, implanté à Gentilly, et dressent une liste de treize meneurs supposés.

Alertée, c’est la première section des Renseignements généraux (RG) qui prend en charge la répression et procède aux arrestations à l’aube du 11 février.

Deux militants, chez qui ont été trouvés divers documents liés à leur activité militante avant l’occupation, seront interrogés le lendemain par l’inspecteur David, puis jugés, condamnés et passeront le reste de la guerre en prison et en camp (échappant ainsi paradoxalement à la mort). Deux autres sont libérés parce qu’inconnus jusque-là des RG.