Robert JARRY

Matricule 45685
decede
Photographie de Robert JARRY
Robert Jarry © ARMREL — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/05/jarry-robert/
Convoi 45000

Robert, Germain, Jarry naît le 21 août 1920 au Mans (Sarthe), fils de Robert, Marcel, Jarry, 24 ans, maçon, et de Germaine Dessomes ou Dessommes, son épouse

Appelé à l’activité militaire par anticipation, son père avait rejoint le 113e régiment d’infanterie le 15 décembre 1914. Le 13 juillet 1915, à la Haute-Chevauchée (Meuse), il avait été fait prisonnier de guerre et a été interné à Javichan (?). Rapatrié le 21 janvier 1919, il était passé au 117e régiment d’infanterie. Mis en congé illimité de démobilisation le 15 septembre suivant, il s’était retiré chez ses parents au 124 rue Denfert-Rochereau. Mais, dès le 5 mai 1920, la commission de réforme du Mans l’a réformé temporairement pour « réduction acuité visuelle des deux yeux à 3/10e, leucomes multiples, accidents consécutifs à une kératite double ». En mars 1924, il sera réformé définitivement pour incurabilité, pension d’invalidité à 100 %, « papilles décolorées, vision œil droit = 1/10e, vison œil gauche1/20e ».

En septembre 1929, la famille est domiciliée rue de Ségré au Mans.

Fin 1931, ils viennent habiter au 103, rue de Bellevue à Boulogne-Billancourt [1] (Seine / Hauts-de-Seine – 92).

Pendant un temps, Robert Jarry fils habite chez ses parents.

Le 11 octobre 1937, âgé de 17 ans, il commence à travailler comme ajusteur à l’usine d’aviation SNCASO, quai Paul-Doumer à Courbevoie. Il suit parallèlement des cours du soir à l’École des Arts et Métiers.

La police française considère qu’il a – pendant un temps – été sympathisant du Parti communiste à Boulogne-Billancourt, en raison de certaines fréquentations d’avant-guerre.

Le 24 mars 1940, Robert Jarry se met en disponibilité et s’engage pour la durée de la guerre au titre de l’Armée de l’Air. Démobilisé le 14 septembre suivant, il part retrouver ses parents qui se sont réfugiés à la campagne, dans une maison qu’ils possèdent au Mage par Châteauneuf-en-Thymerais (Eure-et-Loir).

Il prend alors du travail à Chartres (Eure-et-Loir), dans plusieurs établissements industriels ; changeant fréquemment de patron, car, avec quelques camarades, il a formé un petit groupe de sabotage. Robert Jarry est un patriote : il ne fait partie d’aucune organisation politique, mais écoute ”Radio-Londres”. Robert Jarry est un patriote : il ne fait partie d’aucune organisation politique, mais écoute ”Radio-Londres”.

Cependant, la police française considère qu’il a – pendant un temps – été sympathisant du Parti communiste.

Recherché par la Kommandantur , Robert Jarry quitte le secteur et emménage à Boulogne-Billancourt. À partir du 1er janvier 1941, il est locataire d’une chambre à son ancienne adresse, qu’il n’occupe que très rarement. Pendant un temps, il travaille au Matériel électronique, société de Boulogne-Billancourt.

Le 18 avril 1941, le préfet de police interroge son service des Renseignements généraux sur Robert Jarry, qui « travaille actuellement sur les chantiers de l’Aviation à Chartres et susceptible de s’y livrer à la propagande communiste ». Le 25 septembre 1941, en réponse à un courrier du ministère de l’Intérieur du gouvernement de collaboration datée du 24 juin « demandant quelles mesures avaient été prises dans le département contre les communistes français et étrangers par les autorités d’occupation », le commissaire spécial de Chartres transmet au préfet d’Eure-et-Loir « la liste complète des communistes arrêtés par les autorités allemandes » à cette date – soit trente-trois hommes – sur laquelle est inscrit Robert Jarry.